Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 22:50
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Eh oui, une époque s'achève. Ma foi, tout a une fin. Même ce qu'on aime. Même la vie. Heureusement! Je pourrais vous chanter, comme l'avez fait Henri Salvador et d'autres après lui,  adieu foulard, adieu madras, adieu grain d'or, adieu collier chou [...] hélas, hélas c'est pour toujours. Mais non, point du tout car au fond, ce n'est qu'un aurevoir mes queers, ce n'est qu'un aurevoir ! En effet, ce blog tire sa révérence, mais son âme se téléporte ailleurs. Elle ne meurt pas. Elle se logera tout simplement dans un autre corps. Il s'agit d'une réincarnation en homo wordpressus, après une vie d'homo overblogus.  Vous retrouverez tout le contenu ici présent sur la nouvelle version. 

 

Les raisons ? Besoin de changer d'air, pour clôturer une époque, vralaaaaa ! Et parce que wordpress c'est plus joli. Bon allez euh, faites pas cette tête, c'est pas si grave, ce sera même mieux après, j'le sens! Ah, j'oubliais, le plus important  : les nouvelles aventures, ça se passe ici ! http://negreinverti.wordpress.com/

 

 

 

 

Ciaaao les chériEs ! 

 


 


Par Nègre Inverti
Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 10:45
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La musique, comme n'importe quel autre domaine, est traversée par un ensemble de normes. Celle qui m'intéresse aujourd'hui c'est celle du genre. On peut déjà observer plusieurs choses :

 

1) il y a une répartition genrée qui se joue entre le chant et la pratique des instruments. Les femmes semblent être très majoritairement au chant et les hommes aux instruments. Alors, il faut nuancer : il y a beaucoup d'hommes chanteurs, vocalistes, mais il n'y a pas beaucoup de femmes musiciennes.

 

2) Pour celles des femmes qui pratiquent des instruments, elles sont souvent au piano, au violon, à la flûte etc.  La deuxième chose que l'on peut donc noter est le fait que certains instruments, plus que d'autres, sont beaucoup moins utilisées par les femmes : guitare basse, batterie et guitare électrique, façon rock. 

 

3) Le point numéro 2 peut expliquer par ailleurs que la musique classique ne semble pas autant souffrir de l'absence de femmes que dans le rock par exemple. Ainsi, la troisième chose à noter est que certains styles musicaux sont beaucoup plus marqués par l'absence de femmes jouant des instruments. Précisemment ceux qui donnent une place importante aux instruments que l'on associe à la virilité comme la batterie, la guitare électrique et la basse. 

 

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J'imagine qu'il doit y avoir une littérature historique, sociologique sur la question, qui pourrait par exemple expliquer comment tel ou tel style de musique s'est développé, pourquoi tel instrument est associé à la virilité et pas tel autre. Mais j'ai la flemme de chercher. Mais bref, sans appui théorique,  on peut penser que  :


1) l'éducation différenciée selon le sexe (rose, princesse, barbie chanteuse pour filles // bleu, légo, guitare électrique miniature etc pour garçons) explique l'attrait vers tel ou tel instrument, ou même l'absence d'attrait pour les instruments quand il s'agit des filles. Absence d'attrait, ou autocensure. "J'adorerais savoir faire de la basse/batterie" disent des filles autour de moi. Allez-y les filles, go ahead !! Mais c'est vrai qu'il y a aussi très peu d'images de femmes musiciennes. Dans un concert très majoritairement il n'y a que des hommes aux instruments. Ou alors une femme au clavier.


2) La place du corps est importante dans la pratique de l'instrument.  La posture, la maîtrise du corps fait aussi partie des normes de genre. On peut rester féminine et gracieuse en tenant un micro et en étant debout. Ou en se tenant droite et gracieuse devant un piano, ou en tenant un violon. Mais il y a dans la pratique de la batterie par exemple une posture à prendre qui ne ressemble en rien au dressage des corps féminins consistant à s'assoir gracieusement, les jambes croisées etc. Jouer à la batterie c'est s'assoir jambes écartées (donc pas de jupe ou de robes - un drame pour certaines filles),  bras levés (ce qui peut être chiant avec des vêtements serrés, ou qui oblige à toujours être bien rasées si on veut un débardeur), et avec les pieds qui doivent être libres de tout talons aiguilles (donc obligation de jouer pied nus pour certaines, ou de ne pas mettre de talons, ce qui peut aussi relever du drame). Bref dans la posture,  la maîtrise du corps et l'esthétique, beaucoup de choses sont des barrières à la pratique des instruments "virils"


3) Et parmi les choses qui relèvent plus de l'hypothèse que des certitudes : est-ce qu'il n'y aurait pas plus de femmes musiciennes qu'on ne le pense, mais c'est juste qu'elles ne deviennent pas toujours pros en raison peut-être de l'absence de réseau pour les propulser, ou des contraintes domestiques si elles ont des enfants, et on connait la capacité de renoncement, inculquée socialement, qu'ont les femmes, lorsqu'elles ont des enfants. Par exemple ma mère disait que c'était enceinte de moi qu'elle a arrêté de prendre des cours de musique (flûte, je crois), mais dit-elle, elle avait un sacré talent. La légende voudrait même qu'elle renonçât à ses fameux cours de musique en plongeant son professeur dans le désarroi le plus total, tant son don était grand ! Ah, tout ça pour moi.  Et je me permets malgré tout d'être trans. Pfff sacré ingrat !  

 

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Alors, puisque les représentations manquent, j'ai fait un montage vidéo de quelques musiciennes que je kiffe. En sachant bien que parmi elles il y en a sûrement qui n'aiment pas qu'on parle d'elles parce que femmes, ce que je peux comprendre. Mais bon...qu'elles le veuillent ou non c'est pas un hasard si elles sont tout le temps les seules femmes sur chaque podium où elles jouent...Certaines sont hégémoniques car jouant avec de grands chanteurs, d'autres sont moins connues et/ou débutent. Mais quoiqu'il en soit, il s'agit pour toutes de femmes faisant carrière. Des pros effectives ou en devenir. Ceci dit, malgré leur talent et la réussite très grande de certaines (limitée certes au monde de ceux qui s'intéressent aux instrumentistes et pas seulement aux chanteurs), elles sont toujours appréhendées comme les exceptions féminines qui confirment la règle masculine de la maîtrise des instruments. En tout cas si vous pouvez, prenez le temps d'écouter jouer ces talentueuses,  le plus important étant quand même de les voir jouer ! Je m'excuse de la qualité merdique de certaines vidéos, je ne sais pas pourquoi c'est sorti comme ça...

 

Bassistes : Tal Wilkenfeld et Debra Killings

 


 

 

 

Guitaristes : Bibi McGill et Orianthi

 


 

 


Batteuses : Didi Negron et Cora Coleman -Dunham

 

 

 

 

Je tiens à terminer cet article en faisant une mention spéciale à Beyoncé qui ne joue qu'avec des meufs musiciennes à tous ses concerts.  Business ou féminisme, je m'en fous : elle donne la place à celles dont on se contrefout d'habitude. Vous allez voir tout son crew de musiciennes faire des solos, les unes après les autres. Batterie, saxophone, piano, guitare... Watch this ici et

 

 

A toutes les futures musiciennes ...le monde est à vous ! 

 

 

 

Publié dans : Musique (danse, chants, instrumental etc) - Par Nègre Inverti
Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 10:11
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CertainEs ne le savent que trop bien, d'autres n'ont jamais eu à se le dire, mais en dehors des joyeusetés présentées un peu partout, Noël peut pour certainEs représenter l'obligation de se plier à des règles sociales que l'on juge éprouvantes, avec une famille qui invite - ou accepte - à sa tâble mais ne promet que des maux de tête et une gêne insupportable (au mieux), vu le fossé qui la sépare de son membre tenant le rôle de paria. Presqu'à l'inverse, cela peut être le poids de la solitude qui attend le paria car cette fois, la famille le/la refuse à sa tâble - plus ou moins subtilement - en raison de ce qu'elle voit comme son "style de vie". Des fois, en ayant honte d'assumer que c'est bien en raison dudit "style de vie" que subitement, le/la paria n'est plus trop invitéE à des trucs familiaux et obtient des infos de membres de la famille, même importantes (décès, naissance, mariage, maladie etc) après tout le monde. Tel est le sort de bons nombres de personnes reléguées dans l'en dehors du social acceptable. Pas seulement les trans, et tous ceux qui sont perçus comme perversES. Mais toute personne qui pour tout un tas de raison n'est pas à l'aise avec sa famille et ses règles exacerbées par Nöel.  Sur un autre plan, qui peut par ailleurs concerner des trans et des queers parmi nous, le malaise à Noël peut être aussi le fait, sans forcément avoir de problèmes avec sa famille, d'être excluES des réjouissances par manque d'argent, pendant qu'à l'extérieur, la consommation va bon train. 

 

Pour toutes personnes dont les rapports à la famille, aux autres s'avèrent conflictuels, ou tout simplement déségrables même sans grands conflits,  cette période accentue le sentiment de marginalité, elle accroit  la vulnérabilité de ceulles qui manquent d'appui, dans la mesure où ce sont les moments qui plongent le plus grand nombre dans la liesse qui mettent en exergue leurs détresses. Pour les trans, et ceux qui sont penséEs comme sexuellement déviantEs, mais pas seulement, il s'agit de mentir sur qui on est, s'infliger une comédie.  Ou, être seulEs et en souffrir. Ah oui, et puis un truc : je me sens particulièrement, trans et queer à Noël, moins que Noir, parce qu'il me semble que la connivence raciale n'empêche pas une coalition familiale non intentionnelle mais toujours hétéronormée. Ben oui, parce que t'es Noir, ta famille est Noire, généralement. C'est ensemble et en choeur qu'on injurie la marraine du racisme. Mais bon t'es trans, bi, gouine, whatever, euh...c'est grandir avec des straights. Et je les blâme pas ou quoi, enfin ça dépend desquels, mais bon ça fait parti des réflexions il me semble urgente quand on veut penser l'articularion race.genre.sexualité. En plus, moi je suis même pas trop mal loti niveau famille. 

 

...............

 

Bon, après ces constats, passons aux éventuelles solutions pour survivre à l'épreuve de Noël avec la famille.


1) 

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L'eau-de-vie, la Vérité. Le Rhum quoi. Même s'il est fabriqué par d'affreux békés

 

2) Ensuite, voici un blog (en anglais) d'un FTM qui s'intéresse à la question :  http://artoftransliness.tumblr.com/post/13377499555/how-to-survive-the-holidays-with-family. On y conseille entre autres, avant et après la rencontre avec la famille, de retrouver des personnes que l'on sait bienveillantes, qui connaissent nos vies et qui utiliseront les bons pronoms et prénoms. Histoire d'être blindéEs d'affection et de courage avant d'aller en famille, et d'atterir en douceur une fois qu'on en sort. Encore faut-il être entouréE. Que faire si en dehors de la famille, une personne est en situation de solitude et - c'est ce qui est déterminant -  qu'elle le vit mal

 

3) Place maintenant à la vidéo de ce trans FTM qui parle des angoisses suscitées par l'avènement des fêtes de Noël. Particulièrement pour les personnes trans. Dans la vidéo il fait une distinction intéressante entre les personnes trans qui ne prennent pas d'hormones et celles qui en prennent, dans la mesure où les problèmes que risquent de poser les rendez-vous familiaux seront différents. J'ai mis en commentaire une traduction, avec laquelle j'ai pris bon nombres de libertés, dans la tournure des phrases notamment. 

 

 


 
Bon, maintenant, passons aux éventuelles solutions pour survivre à l'épreuve de Noël sans la famille.

 

Il est évident qu'il s'agit ici de parler des gens qui vivent mal le rejet familial, ou l'éloignement d'avec la famille, même lorsqu'il vient des personnes paria elles-mêmes. Lorsqu'on a coupé les ponts avec la famille et qu'on le vit bien, dès le départ, ou après un long cheminement, passer les fêtes sans eux ne constituent sans doute pas une souffrance insurmontable. Au contraire ! 

 

1) Voici un article sur les personnes trans qui ne se retrouveront pas en famille pour Noël. Il s'agit plus de constats que de conseils vraiment, mais je trouve l'article intéressant, écrit par une femme trans noire : http://www.huffingtonpost.com/mobileweb/1969/12/31/no-home-for-the-holidays_n_392440.html.

2) Il y a aussi cet article, pas destiné aux personnes trans en particulier, mais qui est intéressant parce qu'il parle du fait, certes douloureux, de devoir accepter que certaines familles n'apporteront la bienveillance, l'attention, l'amour souhaité : http://www.eatingdisordersblogs.com/healthy/2009/11/holidays-without-family.html. (Au fait j'ai eu la flemme de traduire là, sorrrrryyyy)

 

Bon, là encore pas vraiment de conseils. Moi si je devais apporter mon grain de sel, je dirais que je vois encore les potes comme les bouées de sauvetage. Faire des trucs alternatifs, avec des potes bienveillants. D'ailleurs, ces différences (vouloir fuir sa famille comme dans le premier cas, ou souffrir de son absence et/ou rejet comme dans le second cas) montrent que les déviantEs n'ont pas touTEs le même rapport à cet ambitieux projet qui consiste à "déconstruire la famille", en tant que normes, pour s'en affranchir. C'est pourquoi il est bon qu'on arrive à s'écouter, s'entraider, se chouchouter, pour répondre aux besoins concrets et immédiats des dévianTEs proches de nous et que l'on aime, avec les moyens dont on dispose.  Plutôt que de toujours être perchéEs dans nos idéaux (abolition de la famille, et blablabla), qui aussi nobles soient-ils,  n'apportent pas forcément là, tout de suite, LE PETIT TRUC qui fera que ça peut aller mieux. Ne serait-ce qu'un instant. 

C'est pourquoi malgré les volontés de déconstruction que je partage aussi, évidemment, je ne peux pas manquer de voir qu'autour de moi, certaines personnes sont tristes parce que les gens de leur famille les fuient, plus ou moins subtilement. Ou bien sont tristes parce que même si c'est eux qui ont envoyé chier leur famille, les fêtes de Noël rendent difficile ce qui à l'origine était un choix mûrement réfléchi. J'insiste, entre potes, parfois des câlins, de l'écoute ou des mâtages collectifs de séries aidé d'une bouteille de rhum peuvent faire la différence. Bon, j'arrête mes conneries avec le rhum. Une bouteille de rhum ne résout jamais rien. Il en faut plusieurs.

Bon dans l'histoire des potes, encore une fois,  j'avoue que la limite est encore celle-là : une personne qui n'est vraiment pas entourée, et qui en souffre, elle fait quoi ? Que fait-on lorsqu'il ne reste même plus les potes ? C'est peut-être là que des assocs du type Le Refuge, entre autres, dont on peut dire le plus grand mal car dite assimilationniste, homonationaliste etc jouent un rôle : recueillir des personnes seules. Non mais j'avoue que j'aime bien être radical mais ça me saoule de voir que souvent ça s'arrête à une posture et à faire du scandal sur facebook. Que fait-on pour nos communautés, et plus généralement des personnes marginales autour de nous parce que seules,  sans thunes etc ? Bref, est-il possible d'avoir des solidarités entre personnes dans les milieux féministes, queers qui se veulent radicaux, et qui dépassent des clivages de race/classe/stars intégréEs VS timides invisibles par exemple ?  Et puis je précise, pour les personnes qui pourraient en douter, que j'envoie la critique dans ma gueule aussi. 

 

Bon, mais voilà,   puisque c'est presque impossible de faire complètement abstraction de ces fêtes, peu importe vos situations, j'espère que vous allez kiffer, que vous ayez ou pas d'amoureuxSES des membres de la famille et des potes autour de vous !!! 


 


Publié dans : Le changement de sexe vécu par d'autres - Par Nègre Inverti
Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 10:00
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De la perversion. Un Nègre inverti à Berlin Traduit du latin par ********** 

Sous-titre : "Analyse post-vicelarde d'une épopée épistémologique en contexte transidentitairement situé"

Editions :  Gwadada, collections S'ouvrir au monde 

Prix : 1 euros symbolique

Résumé illustré ici : 


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Un gentil géant couché devant le Reichstag des Deutsche-liliputiens

 

Ah....Berlin ! Tellement de choses à dire....! Bon, commençons par le commencement : les préparatifs !  Après avoir annoncé que je souhaitais m'envoler, enfin, rouler vers la capitale allemande, un ami queer BDSM déchainé digne de confiance m'aida à faire la liste des mots et expressions qui m'y seront utiles. Il m'enseigna les usuels et expressions de base telles que "Hallo, Ich möchte lutschen Sie, bitte" ne signifiant rien d'autre que " Salut, j'adorerais faire ta connaissance", n'est-ce pas. C'est faux. Ceci dans le seul et unique but philanthropique de tisser rapidement des liens étroits avec les compatriotes du bel Oliver Bierhoff, héros footbalistique allemand de mon enfance.

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Oliver à l'échauffement 

 

 

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Oliver souhaitant faire connaissance

 

 

Bon alors une fois arrivé, je m'aperçu que la ville était sympa d'un point de vue touristique (même si sur ce plan je pense avoir été beaucoup plus conquis par Londres). Mais, elle est surtout génial à vivre, et là il me semble que je n'ai pas approché mieux jusque-là. J'ai eu en plus la chance de goûter au Berlin queer, côté alternatif quoi. Le lendemain de mon arrivée, je suis allé découvrir le fameux bar Silver Futur dont j'avais ouï le plus grand bien en étant encore à Paris. Idéalement situé dans le quartier de Neukölln, pas loin du métro Hermannplatz sur Weserstraße - oui je sais que tu t'en fous si tu connais pas Berlin et encore moins ses rues, mais c'est pour la frime  - l'endroit respire le bien-être et la pas-cher attitude. Que demande le peuple ?

 

 

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Les portes du Paradis : entrée du Silver Fture (où il est expliqué sur la porte que les comportements hétéronormés [et raciste si je me souviens bien] ne sont pas les bienvenus

 

Puis, je me suis rendu à une soirée burlesque au chouette club SO 36, "Queer femmes on tour".  C'était vraiment une première pour moi, je n'avais jamais vraiment assisté à des show queer, à des performances etc. En plus j'étais tout fier, j'ai trouvé l'endroit tout seul en ne me perdant qu'une fois et c'est la faute de la BVG (la RATP sauce berlinoise quoi). Club-Burlesqu-pano--1-.jpgBen oui, ils disent qu'on peut faire un changement à une station de métro sans t'expliquer qu'il faut sortir de la station pour atteindre l'autre ligne. Tchiiip. Et puis si tu voyais leurs contrôleurs....! bon bref bref, hors sujet. Anyway, la soirée était cool, même si malheureusement, ne parlant guère allemand, et étant complètement claqué j'ai manqué la moitié du propos et ai eu envie de rentrer faire dodo un peu avant minuit. Je pense aussi que ce n'est pas trop mon style d'ambiance - ou alors il faut que je teste à nouveau, dans des conditions plus optimales.  

 

 

Le lendemain je suis allé entre autres au Melitta Sundstrom bar pédé (plus que queer on dirait) et ait passé un après midi et une soirée trop bien, trop cool, trop ouf à discuter race, classe, sexualité, genre, et fantasmes ( avec option matage de beaugosse en survet')J'ai passé la journée du samedi (de 10h à 17h) au local de Lesmigras, groupe de trans, bi et lesbiennes of color, pour un atelier sur l'usage mainstream (par les médias et les institutions) des questions de "diversités" (raciales, mais pas seulement : âge, genre, handicap, sexualité, religion). Plakat 2Super ambiance, j'ai appris beaucoup de choses, même s'il est vrai que vers 14h je commençais à flancher... J'en parlerai plus longuement après car l'atelier nous a posé des questions qui, me semble-t-il, n'auront pas assez d'envergure dans mon récit touristique post-vicelard. Quoiqu'il en soit, permettez-moi une blague débile : après la théorie (atelier antiraciste du matin et de l'aprem') je suis passé le soir à la pratique en me rendant, toujours dans le club SO 36, à la fameuse soirée Gayhane (soirée mensuelle gay Turque, où il est question de diversité vu la composition des personnes - Arabes- Turques - Blancs - un chouilla de Renois etc). Bon alors je dirais que c'était le clou du voyage. J'ai adoooré la musique - qu'en profane je ne saurais qualifier autrement que par "orientale" - et puis l'ambiance était juste..wahou. J'ai aimé aussi la mixité du lieu en terme de genre. 

 

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L'ambiance et le décor façon Gayhane 

 

Fin de la zone à peu près respectable et soft 


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Zone interdite aux anti queer anti sexparty anti backroom anti BDSM 

Enfin, "interdite" non. Mais si vous vous reconnaissez dans l'une des catégories suce-cité, démerdez-vous! 

 


Maintenant, je vais parler d'une playparty à laquelle j'ai été trainé de force, sous la menace et la peur d'être privé de chocapic pour le reste de mon séjour. J'avais initialement prévu de me rendre dans une église gospel, assez éloignée du lieu où je résidais, afin d'extirper la souillure due aux déhanchés endiablés de la soirée Gayhane. Mais un dimanche qui, au départ se voulait pur et sain, a été transformé en initiation forcée à la débauche. J'ai donc été perverti par la contrainte, n'est-ce pas.  Si jamais on vous demande. Ben oui, manquerait plus qu'on se mette à croire que les gens peuvent aller de leur plein gré dans des trucs BDSM. Tatie Mac Kinnon et Cousine Dworkin ont dit que c'est pas possible. Alors, je suis sûr que malgré mon empressement, ma hâte, ma préparation minitieuse d'outils, au fond, tout au fond, on m'y a forcé !  Anyway, la bande d'aliénéEs que nous étions, sans doute toutEs victimes d'abus durant notre enfance et nous réfugiant désormais dans les bras trompeurs d'un des enfants du patriarcat (oui oui j'ai entendu dire ça sur le BDSM), a d'abord fait connaissance en faisant un tour de parole, avec pour micro un côté sexy de talon aiguille. ChacunE se présentait en donnant les informations souhaitées, mais il y avait quand même un format de base "Salut, je suis machinE, je suis suis passif, je suis venu avec machinE qui sera actif [éventuellement], mais on est [ou pas] okay pour d'autres personnes /d'autres plans etc". C'est donc plus ou moins sous cette forme que je me suis présenté, effrayé, suant, et demandant aide et affection, toutes deux reçues, à celui qui m'a conduit sur les traces de satan. Pour me soulager j'ai ajouté que..."This is my first time..." - suivi intérieurement de - DON'T KILL ME , BE NICE, I DON'T WANT TO SEE SNAKE !!!!!  Bref, que des peurs irrationnelles de puceau du BDSM, alimentées par une société antisexe autre que conjugal, hétéro, monogame, doublées de mes propres phobies pour les reptiles. Le riche buffet, les câlins de mon pervertisseur et les gens hyper metteurs-à-l'aise et respecteux ont fait qu'au fur et à mesure, je me suis cru dans un après-midi récréatif des Jeunesses en Mission pour Jésus. Liberté, convivialité, bonbons et jus de fruit ! 

 

(" C'est tout ??!"' Teuteuteuteu !  je t'arrête tout de suite, "le privé est politique" a ses limites que chacunE fixe comme il l'entend, alors tchüss hi hi hi )

 

Bon et sinon quelques précisions pour les mauvaises langues : 

1) Oui, on peut vouloir aller dans une playparty BDSM sans avoir besoin de sublimer d'anciennes violences sexuelles et/ou psychologiques2) Les soumisEs/Bottom/passif/maso ne sont pas aliénéEs. C'est possible qu'il y en ait, mais comme on peut en trouver sur les bancs d'une église, chez Ikea, ou dans un pressing. 3) Les dominantEs [je sais plus si c'est comme ça qu'on dit] peuvent être de très très gentilles personnes et savent qu'illes jouent. 4) Le consentement est la base du truc : jouer une partie où les gens incarnent des personnages qui ne consentent pas NE VEUT PAS DIRE QUE LE JEU N'EST PAS CONSENTI.  5) Dans une playparty TU FAIS CE QUE TU VEUX, personne ne te force à baiser, et ceux qui baisent ne le font pas forcément à plus de deux, donc ce n'est pas nécessairement une parthouse : les gens font ce qu'ils se sentent capables de faire dans le respect des autres. Et si jamais mettons y'a quelqu'un qui outrepasse le consentement d'autrui, ce sera regretablement comme ce qui se passe dans le lit conjugal quand Hubert ne comprend pas que Gertrude a dit NON. Bref, ce n'est pas à cause du BDSM. Des gens violents envers le consentement d'autrui existent partout, dans et en dehors du BDSM. En plus il y a des recours, tu peux demander de l'aide. 

 

 

 

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Enfin, je finirai ce récit par mes aventures au club Ficken 3000, signifiant tout simplement "FUCK 3000". Bah, ça a le mérite d'être clair :) Bar sympathique, remplis de pédés lubriques. Toujours dans Neukölln. Cet endroit m'a donné l'impression d'être dans Queer as Folk, version US, pour ses backrooms sombres et déjantées. On a vraiment la délicieuse impression de rentrer dans l'antre du diable. Malheureusement, j'ai été occupé à me prendre la tête sur un canapé - personne n'est parfait - à l'entrée de la backroom avec mon découvrisseur-de-lieux-de-vices.  En face de nous se dressait un large écran TV délivrant des images dignes de youporngay, et à nos côtés se tenaient des pédés assoifés, bières à la main, nous regardant d'une manière qui promettait un accueil fort chaleureux si jamais nous cessions nos babillages et entrions dans l'hémisphère du cul qu'est la backroom. En bon boudeur convaincu de la légitimité de son indignation, je n'entrai point dans ladite backroom et me dirigeai vers le dodo, sans donner ni recevoir un seul câlin. Na ! (Les Nègres Invertis boudent dur, très dur !)


Bon ben voilà, ici s'arrête le récit de mes aventures berlinoises, que j'espère destinées à une suite. Y'a pas de raisons que ça ne continue pas de toutes les façons :) Il est évident qu'après ce passage dans ce monde alternatif berlinois, il n'y a plus aucun espoir pour le salut de mon âme. Je dois aussi remercier tous ces guides maléfiques qui m'ont entrainé dans la boue du péché, m'ont payé des verres, et m'ont chouchouté. Anyway, juste pour le fun, je vais vous laisser avec une vidéo souvenir que j'ai modestement montée (appareil photo/caméra un peu merdique et connaissance filmique très sommaire), à partir d'une ballade que j'ai faite dans Neukölln-Kreuzeberg. C'est une forme d'hommage à ces quartiers ultra intéressants, en proie à une gentrification galopante, et qui ont été mon QG après Merihngdamm. Hope you enjoy it bitchiz***! 

 


 


 

 

 

 

*Pour m'éviter une dépression, j'ai finalement décidé de ne pas orienter mon récit sur une comparaison Paris/Berlin concernant les mondes alternatifs et militants. Je pense qu'il faut parfois se protéger et éviter de se rappeler constamment la réalité désespérante de Paris et de la France plus généralement. 

** J'avoue avoir lutter très fortement pour ne pas faire d'allusion à la Seconde Guerre mondiale de manière légère ou grave. Ou grivoise. [Oui oui l'option 3 eût été possible, mais chuuut]. Bon j'ai quand même fait allusion au mur...mais faire sans, c'est duuuur !

*** Dans ma bouche bitch signifie chériE. Mes meilleurEs amiEs peuvent en témoigner. (Mais c'est vrai qu'illes l'acceptent peut-être parce qu'illes sont aliénéEs). 

 

 


Publié dans : Penser et faire du sexe/sexualités en chantier - Par Nègre Inverti
Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 13:48
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Es-tu prêtE pour un grand voyage ? D'abord en Europe puis....surprise ! 

 

                                       amsterdam-canal-4

 

Quittons la ville où tu habites. Prenons le bus, le train ou l'avion en direction d'Amsterdam. Voilà que des Noirs néerlandais ou qui  y habitent tout simplement proposent de créer une chaîne de télévision consacrées aux questions noires. L'heure de la visibilité a sonné, et cela commence - sans grande surprise - par la ville d'Amsterdam, capitale néerlandaise. Cela rapelle étrangement le complot communautariste ourdi par des nègres et bougnoules insatisfaits du sort qui leur est fait en France. Plutôt que de chanter les louanges de la Mère Patrie qui leur donne le droit - et surtout la chance ! - de pouvoir profiter grassement des allocations familiales, emplois précaires, HLM et autres joyeusetés républicaines, ces gens manifestent le désir de se retrouver autour de leurs maudites cultures, alors qu'ils pourraient s'élever en grâce par le miracle de l'universel. De plus, leurs attaques contre la République, l'Europe et la cohésion planétaire sont allées encore plus loin. En effet, ils commirent l'irréparable : former à foison des groupes de luttes contre les discriminations depuis la fin des années 90, alors même que, comme l'a dit une figure tutélaire de la France de demain "la discrimination, c'est la liberté !" Voilà qu'Amsterdam s'y met en créant carrément une chaîne de télévision, permettant depuis le 15 septembre 2011 de promouvoir le communautarisme négroïde H 24, 7 jours 7. C'est donc le triste sort auquel est désormais livré l'Europe: les minorités veulent exister en s'affranchissant de toute tutelle et en se définissant elles-mêmes. Et puis quoi encore, pfff ! Bientôt l'hymne européen en wolof ?! 


Je dépose ici l'âme de faf qui agite ma plume au style indirect libre
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Bon, alors t'as vu la vidéo ? Oui, je sais, tu ne parles pas néerlandais. Moi non plus chouchou. Mais je suis quand même à peu près sûr que tu as capté quelques mots comme "sport, politique, criminalité, musique...". On peut alors penser sans trop de risque qu'ils énuméraient les thèmes qu'ils aborderont. A voir donc. Enfin... je n'y comprendrai sûrement jamais rien. Si une fois l'exhaltation des premiers succès de mon apprentissage de l'allemand passée ( = 2 semaines), je n'ai plus du tout envie de faire l'effort de parler la langue de Marx, je ne vais quand même pas me mentir à moi-même et prétendre que j'essairai d'apprendre le néerlandais...!  A moins de trouver des amants néerlandais disposés à me sous-titrer les émissions, je ne pourrais pas en rendre compte sur ce blog, snif ! Mais trêve de bavardages, venons-en à Amsterdam.  Ville d'apparence paisible, elle a pourtant connu en janvier dernier, sous mes yeux naïfs de petit étudiant, un schisme universitaire et militant d'importance planétaire autour des questions d'homonationalisme, de racisme institutionnel universitaire etc. Mais ce n'est pas ce dont il s'agit ici. Ce qui m'intéresse c'est ce positionnement comme "Noir", récusé en France au motif que les origines auraient plus de poids. D'ailleurs, se revendiquer d'une origine nationale, autre que française, c'est aussi très mal vu, mais c'est moins pire. Au Pays-Bas aussi, les Noirs ne viennent pas tous du même endroit. Of course. Mais il y a des raisons militantes évidentes au fait de se poser comme Noirs (car c'est d'abord de cette façon que tu peux être jugéE), sans que cela n'empêche de penser des spécificités liées à des origines géographiques. Même si ce projet ne dit pas si toutes les personnes à peaux noires vivant à Amsterdam se nomment "noires",  le simple fait qu'il voit le jour montre un terrain plutôt favorable à la catégorie noire . En effet, il faut de l'argent, des gens motivés, et je ne suis pas sûr qu'en France il soit possible de faire un chaîne de télévision, vu tout le scandale qu'a occasionné le journal Noirs de FranceAlors t'imagine une chaîne de télé...Je  ne vois pas qui miserais là-dessus (quels sponsors, qui mettraient sa tune là-dedans ?). Bref, j'ai demandé à mon ami Wikipédia la composition raciale/ethnique d'Amsterdam et voici ce qu'il me répondit : 

2010 Valeurs absolues Structure en %
Autochtones 381.948 50,50
Allochtones occidentaux 111.640 14,76
Allochtones non occidentaux 262.759 34,74
Suriname 68.761 9,09
Maroc 68.099 9,00
Turquie 39.654 5,24
Antilles néerlandaises et Aruba 11.559 1,53
Autres 74.686 9,87

Alors, déjà on voit que la moitié des habitants d'Amsterdam sont étrangers. Dont 34 % sont éventuellement non Blancs. Où sont potenciellement les Noirs là-dedans ? D'origine ou en provenance du Suriname, des Antilles néerlandaises (Sint Marteen, Bonaire, Curaçao), Aruba. Je ne comprends pas pourquoi l'ami wiki ne met pas Aruba dans les Antilles néerlandaises....?. Enfin, la catégorie "Autres" peut aussi contenir des Noirs, mais je présume sans grandes preuves qu'il peut s'agir d'une immigration qui si elle peut être africaine, n'est pas ce qu'on peut appeler une immigration postcoloniale (= les anciens peuples colonisés par les pays-bas qui s'y sont installés). Alors que c'est le cas pour le Suriname (ancienne Guyane Néerlandaise), Sint Marteen, Curaçao, Bonaire et Aruba qui font encore parti du royaume. Et, même si on ne pourra pas, pour des raisons linguistiques, atteindre les profondeurs de ce projet télévisuel, on peut tout de même présenter un peu les anciennes colonies néerlandaises, pourvoyeuses des Noirs qui participent de la pluralité ethnique, raciale, culurelle à Amsterdam, comme le montrera la chaîne Bijlmer Talk. 

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Fais à nouveau tes paquets. Cette fois direction Schipol (aéroport) : on prend l'avion à Amsterdam pour rejoindre l'Amérique du Sud my friend ! *
                                    


Amsterdam (PB) AMS* / Paramaribo (Suriname) PBM
(durée 9h37 min )


Décollage immédiat à bord du Boeing 747-400 de la compagnie KLM
Attache ta ceinture ! 



 

Suriname 

carte_amerique_du_sud.png
Comme tu peux le voir, le Suriname est sur le continent Sud Américain, à la gauche de l'actuelle Guyane française. J'ai envie de te montrer des vidéos de cet endroit, mais en même temps, j'ai peur de tomber dans l'exotisme à deux balles, alors je ne sais pas...On va juste faire un peu d'histoire du coup, ok ? Mais juste un peu j'ai dit. Sans nuances, sans profondeur, juste de la chronologie. Et un peu d'humour. Alors en 1630, les Britanniques s'emparent de cette terre. L'Empire Britannique a été par ailleurs le plus grand de tous les empires coloniaux. En 1667, les néerlandais en mode convoîtise aigüe, chipe le territoire et les gens qui y vivent (bah oui parce qu'en fait, quand on conquiert une terre on s'approprie des gens aussi, comme des biens matériels). Et là aurevoir les Anglais, vive les Néerlandais. En échange, ces derniers donnèrent aux Anglais la Nouvelle Amsterdam et devineeeeee, c'est the Mother fucking New Yorrrrk. Enfin Manhattan. Mais qu'est-ce que tu crois, les Britanniques n'avaient pas dit leur dernier mot : en 1796 ils reviennent à l'assaut, mais ils reperdent en 1799 et le Suriname revient au main des Néerlandais. Bon alors c'est fini là les va -et-vient Britanniques/Néerlandais ? Surtout que faut pas déconner, y'avait l'esclavage. Et pendant toutes leurs conneries entre colons de c'est -à-moi-touche -pas- à-mes-affaires, il y avait des révoltes d'esclaves marrons (ceux des esclaves qui disent Fuck that shit ! et qui s'évadent). Et genre en 1783, pour les calmer, les Néerlandais signent avec eux un traité en mode "bon on fout la paix à ceux qui sont dans les forêts par contre euh faut pas déconner mais ceux qui sont dans nos plantations, bah ça reste nos biens, you feel me ? On va quand même pas travailler nos exploitations à la sueur de notre propre front !" Donc bon l'esclavage perdure, mais pas partout. Il ne sera abolit qu'en 1863. Et boum, les ricains débarquent en 1915.  L'arnaque t'as vu ! En plus faut attendre genre en 1954 pour que les Pays-bas se disent "bon allez, z'ont le droit d'être autonomes ces barbares". Cette autonomie consistait en la création d'un parlement. Et devine quoi, contre toutes attentes, le parlement vote en 1975 l'indépendance. Bizarre...elle était pas assez gentille la couronne ? Pff, ingrats !
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Ready chouchou ? on redécolle là. Direction  Aruba, puis Curaçao ! 

Paramaribo (Suriname) PBM / Oranjestad (Aruba) AUA
(durée 2h45)

Oranjestad (Aruba) AUA / Willemstad (Curaçao) CUR
(durée 35 min)



Antilles néerlandaises : 1 - Aruba, Curaçao, Bonaire
Caraibes-carte2
Regarde les Antilles néerlandaises entourées. Arrêtons-nous d'abord sur Aruba, Bonaire et Curaçao. Je parlerai juste un peu d'Aruba et Curaçao. C'est injuste, mais rappelle-toi "la discrimination c'est la liberté"!

Alors Aruba : 1499, découverte par les Espagnols. 1636 les Néerlandais débarquent. Fin XVIIe et début XVIIIe sièle, on retrouve les mêmes Britanniques qui s'en emparent pas entièrement mais qui cohabitent avec les Néerlandais. Décidément, toujours les mêmes ! Après être passée aux mains des ricains pendant la Seconde Guerre mondiale (bah oui les Pays-Bas pouvaient pas gérer toutes leurs possessions pendant que les nazis les dégommaient, t'es marrantE toi !), puis rendue aux Néerlandais (qui a dit que les ricains étaient des voleurs ?), en 1948 Aruba accède à l'autonomie. Donc 6 ans avant le Suriname : bouuuuh, la honte, pour le Suriname ! Enfin humm...nan parce qu'Aruba n'est pas allée plus loin, alors que le Suriname est devenu indépendant. Take that, bitch ! Ah la la, les anciennes puissances coloniales arrivent toujours à couillonner les Antilles, quelles qu'elles soient avec leurs foutus statuts,  soit disant post coloniaux. Mais bon, si on modère le trait, comparativement à d'autres îles, Aruba a son drapeau, son hymne, son parlement. C'est pas comme si c'était une île qui ne produisait rien, n'avait pas d'assemblée qui pouvait voter ses propres lois sur place, n'avait ni drapeau, ni hymne, ni monnaie. Elle a même son gouverneur (bon ça c'est nul, mais il n'y a de l'Anarchie nul part alors autant avoir un connard local qui te gouverne plutôt qu'un couillon à 8000 km qui vient visiter ton île avant chaque élection)... Non non, je ne vise pas du tout deux îles francophones en disant ça. Il y a aussi....humm, attends...euh....il y a aussi.....Puerto Rico avec les ricains. Donc ouais, la Guadeloupe, la Martinique et Puerto Rico sont les seules îles non indépendantes de la Caraïbes, ni même avec un statut d'autonomie pour les deux premières. La honte. Oups ! 
Maintenant Curaçao : alors sensiblement la même histoire qu'Aruba (découverte, conquête hollandaise). Mais il y a évidemment des spécificités comme le fait qu'entres les années 1650 à 1680, Curaçao était un épicentre pour les juifs de la Caraïbes (commerces, mais aussi refuge pour ceux qui ont été chassés de Guadeloupe et Martinique en 1685). Autre chose, en 1678, une expédition française a débarqué pour essayer de piquer l'île, et THANKS TO GOD, les frenchies ont perdu. Ouf ! Parce que sinon, purée-de-merde-de-fuck, Curaçao aurait pu être embarquée aujourd'hui dans la même galère départementale de la Martinique et la Guadeloupe. Anyway, elle conquiert son autonomie en 1954. 

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Allez, du nerf ! on remonte dans notre B747-400, et cette fois on va procéder à un atterrissage de bâtarrrrrrd ! attache ta ceinture :  

Direction Sint Marteeen !

Willemstad (Curaçao) CUR / Philisburg (Sint Marteen) SXM

(durée 1h35 min)



Antilles néerlandaises 2 - Sint Marteen : 

Non,  chouchou, il ne s'agit pas de trucage ! Je te le jure sur mes pompes préférées : ce n'est pas un trucage! J'ai non seulement assisté à une scène semblable à celle de la vidéo, mais j'ai moi-même été dans un avion qui attérissait ainsi à l'aéroport Princess Juliana, en partie hollandaise de Saint Martin. Alors, vécu de l'intérieur, c'est simple : tu crois que tu vas t'éclater la gueule dans la mer, mais c'est trooop kiffant ! Par contre, la même situation pour attérir sur une île voisine (Saint Barthélémy) mais dans un avion 15 fois plus petit, euh....ce n'est pas du tout drôle, car là tu crois vraiment que tu vas t'éclater la gueule de manière intersectionnelle mer - montagne - piste...scary ! Anyway, Saint Martin c'est une île coupée en deux : une partie française (Saint Martin), une partie hollandaise (Sint Marteen). C'est tout petit, mais deux réalités cohabitent. Je connais bien cette île pour des vacances et parce que j'ai de la famille qui y habite. Aussi, jusqu'à 2003, Saint Martin partie française était officiellement une commune de la Guadeloupe. Oui parce qu'en fait la Guadeloupe c'est un archipel, y'a la jolie île en forme de papillon, et puis t'en a d'autres autour qui sont des communes (Les Saintes, Marie Galante et la Désirade. Quant aux îles de la petite terre, n'étant habitée par aucune forme humaine, et par anthropocentrisme dégueulasse assumé : on s'en fout. [en fait, je savais même pas que ça existait...oups !]) 
                                 archipel-def.-2jpg-140c.jpg
Bon bref, tout ça pour te montrer Saint Martin qui n'est plus une commune de la Guadeloupe depuis qu'elle a accédé à son statut d'autonomie. Et bref, pour que tu vois la division de l'île en deux, Saint Martin c'est ça : 
                              carte-saint-martin-gm.jpg
L'île a été découverte en 1493 par le Cricri Colomb qui en a découvert plein. Elle a été occupée par les frenchies, les espagnols, les hollandais, avant que les espagnols l'abandonnent en 1648. Et là, frenchis et hollandais, au lieu d'engager des combats sans fin, ils décidèrent de la séparer en deux : c'est le traité du Mont Concorde en 1648. Alors ma propre expérience : dans la partie hollandaise les gens parlent anglais, et en partie française, ben français, créole et...anglais. En gros les saint martinois sont les seuls français anglophones en fait. Non mais je veux dire qu'ils doivent être les seuls français à parler correctement anglais. Boutaaaade. Bon, la partie hollandaise de l'île est juste supra mieux sur certains points : pour le shopping, les sorties, le coût de la vie, etc. C'est une zone exonérée de charges fiscales, alors je te dis pas les riches ricains qui viennent là pour faire de la tune. Il y a beaucoup de banques et de casinos. Donc on voit bien à qui ça profite. Anyway, il s'agit encore d'un Etat autonome - quoique toujours membre du royaume holandais - avec son gouverneur. Cela confirme le statut unique de la Martinique et de la Guadeloupe aux Antilles, dans cette relation de dépendance quasi totale à ce qu'on appelle encore la Métropole. Ce petit tour d'horizon dans les ex colonies néerlandaises ne renseigne évidemment pas seulement sur les évolutions de ces îles, mais sur les rapports entretenus avec leur ex puissance coloniale, et surtout sur ce qu'était cette ex puissance coloniale (visait-elle à donf l'assimilation par exemple? en tout cas pas autant que la France si l'on en croit la capacité à penser les développements locaux et l'indépendance culturelle des territoires). Du coup, moi ça me donne envie de fouiller dans l'histoire, même si ça va pas être simple. Mais ça me turlupine : POURQUOI Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion sont allées vers l'assimilation institutionnelle   (départementalisation), qui en France s'accompagne obligatoirement de l'assimilation culturelle (républicanisme oblige) alors qu'aux mêmes époques (années 1940-1950-1960) les gens se libéraient de leurs ex puissance coloniales, pour devenir autonomes ou indépendants ???? Etant donné que ces choix statutaires ne sont pas unilatéraux (ils ne sont pas donnés, mais pris par les locaux puis entérinés par les ex puissances coloniales), pourquoi en sommes nous là encore en Guadeloupe et Martinique ?
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Philisburg (Sint Marteen) / Amsterdam (PB)
(durée 8h30)

Mais bon c'est pas tout ça, on continuera ce questionnement une autre fois. Malheureusement  il est déjà temps de rentrer en Europe. On quitte Sint Marteen, direction Amsterdam, toujours dans notre bel avion, le B747-400 de KLM. Et cette fois, j'ai réussi à convaincre le commandant de bord de nous laisser voir son cockpit. Il a dit oui, à condition de ne pas faire trop de bruits, allez viens....! 

Et toujours de notre cokpit, nous atterrissons maintenant à Amsterdam. 

 
Ah la la, j'sais pas pour toi, mais j'suis crevé après tous ces vols ! Mais c'est pas fini, sauf pour les personnes qui habitent à Amsterdam, on doit encore prendre bus/train/avion
pour rentrer dans nos villes respectives pfiouuuu...
bon repos à toi l'amiE !




* Les lettres "AMS", "PBM" et blablabla, sont les codes des aéroports. En Ile-de-France t'as CDG (Roissy) et ORY (Orly). Et bon juste pour le plaisir de les citer LAX (Los Angeles), SFO (San Francisco), LHR (Londres, Heathrow), PTP (Pointe à Pitre), Montréal (YUL). Ouiiii, hors sujet, mais ça fait plaisir : j'adore les avions, les aéroports... !  Et tu constateras que ça ne suit pas forcément l'orthographe du nom de la ville concernée !

** Bon j'ai triché, normalement le  Boeing 747, on ne le prendrait que pour faire Amsterdam/Paramaribo et Juliana/Amsterdam, mais bon, j'aime pas prendre de petits engins alors bouh. Je suis fan du B747, surtout du beau B747-400, et surtout celui de KLM parce qu'il est tout bleu, et tout choupinou à voir :d

*** Oui, moi aussi, je fais parti des connards qui n'éteignent pas leurs appareils électroniques au décollage et à l'atterissage juste pour filmer ces scènes, mais chuuuuuuut !

                        
Publié dans : NoirEs en Europe (et ailleurs en Occident) - Par Nègre Inverti

Présentation

 

Yo ! mon but ici, moi garçon trans renoi, est d'essayer de penser l'articulation entre questions de genre, questions sexuelles et questions raciales, dans le contexte français principalement, mais aussi en dehors. Tout cela à partir d'expériences de la vie quotidienne, de questions d'actualité, de films, lectures etc. Avec des approches antiracistes, féministes matérialistes et queer. Mais il s'agira surtout [je m'en compte 11 mois plus tard] de déconner, de prendre son pied, et d'aborder tout ça avec humour et rage. 

 

Ah oui, important : un trans = un FTM (Female to Male) et une trans = une MTF ( Male to Female). 

 

Et puis encore une chose : ce blog aime se déshabiller et tenter de nouveaux habits assez souvent :) 

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