De la perversion. Un Nègre inverti à Berlin Traduit du latin par **********
Sous-titre : "Analyse post-vicelarde d'une épopée épistémologique en contexte transidentitairement situé"
Editions : Gwadada, collections S'ouvrir au monde
Prix : 1 euros symbolique
Résumé illustré ici :
Un gentil géant couché devant le Reichstag des Deutsche-liliputiens
Ah....Berlin ! Tellement de choses à dire....! Bon, commençons par le commencement : les préparatifs !
Après avoir annoncé que je souhaitais m'envoler, enfin, rouler vers la capitale allemande, un ami queer BDSM
déchainé digne de confiance m'aida à faire la liste des mots et expressions qui m'y seront utiles. Il m'enseigna
les usuels et expressions de base telles que "Hallo, Ich möchte lutschen Sie, bitte" ne signifiant rien d'autre que " Salut, j'adorerais faire ta connaissance",
n'est-ce pas. C'est faux. Ceci dans le seul et unique but philanthropique de tisser rapidement des liens étroits avec les compatriotes du
bel Oliver Bierhoff, héros footbalistique allemand de mon enfance.
Oliver à l'échauffement
Oliver souhaitant faire connaissance
Bon alors une fois arrivé, je m'aperçu que la ville était sympa d'un
point de vue touristique (même si sur ce plan je pense avoir été beaucoup plus conquis par Londres). Mais, elle est surtout génial à vivre, et là il me semble que je n'ai pas approché mieux
jusque-là. J'ai eu en plus la chance de goûter au Berlin queer, côté alternatif quoi. Le lendemain de mon arrivée, je
suis allé découvrir le fameux bar Silver Futur dont j'avais ouï le plus grand bien en étant encore à Paris. Idéalement situé dans le quartier de Neukölln, pas
loin du métro Hermannplatz sur Weserstraße - oui je sais que tu t'en fous si tu connais pas Berlin et encore moins ses
rues, mais c'est pour la frime - l'endroit respire le bien-être et la pas-cher attitude. Que demande le peuple ?
Les portes du Paradis : entrée du Silver Fture (où il est expliqué sur la porte que les comportements
hétéronormés [et raciste si je me souviens bien] ne sont pas les bienvenus
Puis, je me suis rendu à une soirée burlesque au chouette club
SO 36, "Queer femmes on tour". C'était vraiment une première pour moi,
je n'avais jamais vraiment assisté à des show queer, à des performances etc. En plus j'étais tout fier, j'ai trouvé l'endroit tout seul en ne me perdant qu'une fois et c'est la faute de la BVG
(la RATP sauce berlinoise quoi).
Ben oui, ils disent qu'on peut faire un changement à une station de métro sans t'expliquer qu'il faut sortir de la station pour atteindre
l'autre ligne. Tchiiip. Et puis si tu
voyais leurs contrôleurs....! bon bref bref, hors sujet. Anyway, la soirée était cool, même si malheureusement, ne parlant guère allemand, et étant complètement claqué j'ai manqué la moitié du
propos et ai eu envie de rentrer faire dodo un peu avant minuit. Je pense aussi que ce n'est pas trop mon style d'ambiance - ou alors il faut que je teste à nouveau, dans des conditions plus
optimales.
Le lendemain je suis allé entre autres
au Melitta Sundstrom bar pédé (plus que queer on dirait) et ait passé un après midi et une soirée trop bien,
trop cool, trop ouf à discuter race, classe, sexualité, genre, et fantasmes ( avec option matage de
beaugosse en survet'). J'ai passé la journée du samedi (de 10h à 17h) au local de Lesmigras, groupe de trans, bi et lesbiennes of color, pour un atelier
sur l'usage mainstream (par les médias et les institutions) des questions de "diversités" (raciales, mais pas seulement : âge, genre, handicap, sexualité, religion).
Super ambiance, j'ai appris beaucoup de choses, même s'il est vrai que vers 14h je
commençais à flancher... J'en parlerai plus longuement après car l'atelier nous a posé des questions qui, me semble-t-il, n'auront pas assez d'envergure dans mon récit touristique post-vicelard.
Quoiqu'il en soit, permettez-moi une blague débile : après la théorie (atelier antiraciste du matin et de l'aprem') je suis passé le soir à la pratique en me rendant, toujours
dans le club SO 36, à la fameuse soirée Gayhane (soirée mensuelle gay Turque, où il est question de diversité vu la composition des personnes - Arabes- Turques - Blancs - un chouilla de Renois
etc). Bon alors je dirais que c'était le clou du voyage. J'ai adoooré la musique - qu'en profane je ne saurais qualifier autrement que par "orientale" - et puis l'ambiance était juste..wahou.
J'ai aimé aussi la mixité du lieu en terme de genre.

L'ambiance et le décor façon Gayhane
Fin de la zone à peu près respectable et soft








Zone interdite aux anti queer anti sexparty anti backroom anti
BDSM
Enfin, "interdite" non. Mais si vous vous reconnaissez dans l'une des catégories suce-cité,
démerdez-vous!
Maintenant, je vais parler d'une playparty à laquelle j'ai été trainé de force, sous la menace et la peur d'être privé de
chocapic pour le reste de mon séjour. J'avais initialement prévu de me rendre dans une église gospel, assez éloignée du lieu où je résidais, afin d'extirper la
souillure due aux déhanchés endiablés de la soirée Gayhane. Mais un dimanche qui, au départ se voulait pur et sain, a été transformé en initiation forcée à la débauche. J'ai donc été perverti par
la contrainte, n'est-ce pas. Si jamais on vous demande. Ben oui, manquerait plus qu'on se mette à croire que les gens peuvent aller de leur plein gré dans des trucs BDSM. Tatie Mac Kinnon
et Cousine Dworkin ont dit que c'est pas possible. Alors, je suis sûr que malgré mon empressement, ma hâte, ma préparation minitieuse d'outils,
au fond, tout au fond, on m'y a forcé ! Anyway, la bande d'aliénéEs que nous étions, sans doute toutEs victimes d'abus durant notre enfance et nous réfugiant désormais dans les bras
trompeurs d'un des enfants du patriarcat (oui oui j'ai entendu dire ça sur le BDSM), a d'abord fait connaissance en faisant un tour de parole, avec pour micro un côté sexy de talon
aiguille. ChacunE se présentait en donnant les informations souhaitées, mais il y avait quand même un format de base "Salut, je suis machinE, je suis suis passif, je suis venu avec
machinE qui sera actif [éventuellement], mais on est [ou pas] okay pour d'autres personnes /d'autres plans etc". C'est donc plus ou moins sous cette forme que je
me suis présenté, effrayé, suant, et demandant aide et affection, toutes deux reçues, à celui qui m'a conduit sur les traces de satan. Pour me soulager j'ai ajouté que..."This is my
first time..." - suivi intérieurement de - DON'T KILL ME , BE NICE, I DON'T WANT TO SEE SNAKE !!!!! Bref, que des peurs
irrationnelles de puceau du BDSM, alimentées par une société antisexe autre que conjugal, hétéro, monogame, doublées de mes propres phobies pour les reptiles. Le riche buffet, les câlins de mon
pervertisseur et les gens hyper metteurs-à-l'aise et respecteux ont fait qu'au fur et à mesure, je me suis cru
dans un après-midi récréatif des Jeunesses en Mission pour Jésus. Liberté, convivialité, bonbons et jus de fruit !
(" C'est tout ??!"' Teuteuteuteu ! je t'arrête tout de suite, "le privé est politique" a ses limites que chacunE
fixe comme il l'entend, alors tchüss hi hi hi )
Bon et sinon quelques précisions pour les mauvaises langues :
1) Oui, on peut vouloir aller dans une playparty BDSM sans avoir besoin
de sublimer d'anciennes violences sexuelles et/ou psychologiques. 2) Les soumisEs/Bottom/passif/maso ne sont pas aliénéEs. C'est possible qu'il y en
ait, mais comme on peut en trouver sur les bancs d'une église, chez Ikea, ou dans un pressing. 3) Les dominantEs [je sais plus si c'est comme ça qu'on dit] peuvent être de
très très gentilles personnes et savent qu'illes jouent. 4)
Le consentement est la base du truc : jouer une partie où les gens incarnent des personnages qui ne consentent pas NE VEUT PAS DIRE QUE LE JEU N'EST PAS CONSENTI.
5) Dans une playparty TU FAIS CE QUE TU
VEUX, personne ne te force à baiser, et ceux qui baisent ne le font pas forcément à plus de deux, donc ce n'est pas nécessairement une parthouse : les gens font ce qu'ils se sentent
capables de faire dans le respect des autres. Et si jamais mettons y'a quelqu'un qui outrepasse le consentement d'autrui, ce sera regretablement comme ce qui se passe dans le lit conjugal quand
Hubert ne comprend pas que Gertrude a dit NON. Bref, ce n'est pas à cause du BDSM. Des gens violents envers le consentement d'autrui existent partout, dans et en dehors du BDSM. En plus il y a
des recours, tu peux demander de l'aide.
Enfin, je finirai ce récit par mes aventures au club Ficken 3000, signifiant tout
simplement "FUCK 3000". Bah, ça a le mérite d'être clair :) Bar sympathique, remplis de pédés lubriques. Toujours dans Neukölln. Cet endroit
m'a donné l'impression d'être dans Queer as Folk, version US, pour ses backrooms sombres et déjantées. On a vraiment la délicieuse
impression de rentrer dans l'antre du diable. Malheureusement, j'ai été occupé à me prendre la tête sur un canapé - personne n'est parfait - à l'entrée de la backroom avec mon
découvrisseur-de-lieux-de-vices. En face de nous se dressait un large écran TV délivrant des images dignes de youporngay, et à nos côtés se tenaient des pédés assoifés, bières à la main,
nous regardant d'une manière qui promettait un accueil fort chaleureux si jamais nous cessions nos babillages et entrions dans l'hémisphère du cul qu'est la backroom. En bon boudeur convaincu de
la légitimité de son indignation, je n'entrai point dans ladite backroom et me dirigeai vers le dodo, sans donner ni recevoir un seul câlin. Na ! (Les Nègres Invertis boudent dur, très dur
!)
Bon ben voilà, ici s'arrête le récit de mes aventures berlinoises, que j'espère destinées à une suite. Y'a pas de raisons que
ça ne continue pas de toutes les façons :) Il est évident qu'après ce passage dans ce monde alternatif berlinois, il n'y a plus aucun espoir pour le salut de mon âme. Je dois aussi remercier tous
ces guides maléfiques qui m'ont entrainé dans la boue du péché, m'ont payé des verres, et m'ont chouchouté. Anyway, juste pour le fun, je vais vous laisser avec une vidéo souvenir que j'ai
modestement montée (appareil photo/caméra un peu merdique et connaissance filmique très sommaire), à partir d'une ballade que j'ai faite dans Neukölln-Kreuzeberg. C'est une forme
d'hommage à ces quartiers ultra intéressants, en proie à une gentrification galopante, et
qui ont été mon QG après Merihngdamm. Hope you enjoy it bitchiz***!
*Pour m'éviter une dépression, j'ai finalement décidé de ne pas orienter mon récit sur une comparaison Paris/Berlin
concernant les mondes alternatifs et militants. Je pense qu'il faut parfois se protéger et éviter de se rappeler constamment la réalité désespérante de Paris et de la France plus
généralement.
** J'avoue avoir lutter très fortement pour ne pas faire d'allusion à la Seconde Guerre mondiale de manière légère ou
grave. Ou grivoise. [Oui oui l'option 3 eût été possible, mais chuuut]. Bon j'ai quand même fait allusion au mur...mais faire sans, c'est duuuur !
*** Dans ma bouche bitch signifie chériE. Mes meilleurEs amiEs peuvent en témoigner. (Mais c'est vrai qu'illes
l'acceptent peut-être parce qu'illes sont aliénéEs).