De perversio. Negrus invertius in Berlina

Publié le par Nègre Inverti

 

De la perversion. Un Nègre inverti à Berlin Traduit du latin par ********** 

Sous-titre : "Analyse post-vicelarde d'une épopée épistémologique en contexte transidentitairement situé"

Editions :  Gwadada, collections S'ouvrir au monde 

Prix : 1 euros symbolique

Résumé illustré ici : 


 IMG_5972.JPG

Un gentil géant couché devant le Reichstag des Deutsche-liliputiens

 

Ah....Berlin ! Tellement de choses à dire....! Bon, commençons par le commencement : les préparatifs !  Après avoir annoncé que je souhaitais m'envoler, enfin, rouler vers la capitale allemande, un ami queer BDSM déchainé digne de confiance m'aida à faire la liste des mots et expressions qui m'y seront utiles. Il m'enseigna les usuels et expressions de base telles que "Hallo, Ich möchte lutschen Sie, bitte" ne signifiant rien d'autre que " Salut, j'adorerais faire ta connaissance", n'est-ce pas. C'est faux. Ceci dans le seul et unique but philanthropique de tisser rapidement des liens étroits avec les compatriotes du bel Oliver Bierhoff, héros footbalistique allemand de mon enfance.

bierhoff HA Sport R 152775b

Oliver à l'échauffement 

 

 

bierhoff_HA_Sport_L_152778b-copie-1.jpg

Oliver souhaitant faire connaissance

 

 

Bon alors une fois arrivé, je m'aperçu que la ville était sympa d'un point de vue touristique (même si sur ce plan je pense avoir été beaucoup plus conquis par Londres). Mais, elle est surtout génial à vivre, et là il me semble que je n'ai pas approché mieux jusque-là. J'ai eu en plus la chance de goûter au Berlin queer, côté alternatif quoi. Le lendemain de mon arrivée, je suis allé découvrir le fameux bar Silver Futur dont j'avais ouï le plus grand bien en étant encore à Paris. Idéalement situé dans le quartier de Neukölln, pas loin du métro Hermannplatz sur Weserstraße - oui je sais que tu t'en fous si tu connais pas Berlin et encore moins ses rues, mais c'est pour la frime  - l'endroit respire le bien-être et la pas-cher attitude. Que demande le peuple ?

 

 

silver-future-berlin-queer-bar.JPG

Les portes du Paradis : entrée du Silver Fture (où il est expliqué sur la porte que les comportements hétéronormés [et raciste si je me souviens bien] ne sont pas les bienvenus

 

Puis, je me suis rendu à une soirée burlesque au chouette club SO 36, "Queer femmes on tour".  C'était vraiment une première pour moi, je n'avais jamais vraiment assisté à des show queer, à des performances etc. En plus j'étais tout fier, j'ai trouvé l'endroit tout seul en ne me perdant qu'une fois et c'est la faute de la BVG (la RATP sauce berlinoise quoi). Club-Burlesqu-pano--1-.jpgBen oui, ils disent qu'on peut faire un changement à une station de métro sans t'expliquer qu'il faut sortir de la station pour atteindre l'autre ligne. Tchiiip. Et puis si tu voyais leurs contrôleurs....! bon bref bref, hors sujet. Anyway, la soirée était cool, même si malheureusement, ne parlant guère allemand, et étant complètement claqué j'ai manqué la moitié du propos et ai eu envie de rentrer faire dodo un peu avant minuit. Je pense aussi que ce n'est pas trop mon style d'ambiance - ou alors il faut que je teste à nouveau, dans des conditions plus optimales.  

 

 

Le lendemain je suis allé entre autres au Melitta Sundstrom bar pédé (plus que queer on dirait) et ait passé un après midi et une soirée trop bien, trop cool, trop ouf à discuter race, classe, sexualité, genre, et fantasmes ( avec option matage de beaugosse en survet')J'ai passé la journée du samedi (de 10h à 17h) au local de Lesmigras, groupe de trans, bi et lesbiennes of color, pour un atelier sur l'usage mainstream (par les médias et les institutions) des questions de "diversités" (raciales, mais pas seulement : âge, genre, handicap, sexualité, religion). Plakat 2Super ambiance, j'ai appris beaucoup de choses, même s'il est vrai que vers 14h je commençais à flancher... J'en parlerai plus longuement après car l'atelier nous a posé des questions qui, me semble-t-il, n'auront pas assez d'envergure dans mon récit touristique post-vicelard. Quoiqu'il en soit, permettez-moi une blague débile : après la théorie (atelier antiraciste du matin et de l'aprem') je suis passé le soir à la pratique en me rendant, toujours dans le club SO 36, à la fameuse soirée Gayhane (soirée mensuelle gay Turque, où il est question de diversité vu la composition des personnes - Arabes- Turques - Blancs - un chouilla de Renois etc). Bon alors je dirais que c'était le clou du voyage. J'ai adoooré la musique - qu'en profane je ne saurais qualifier autrement que par "orientale" - et puis l'ambiance était juste..wahou. J'ai aimé aussi la mixité du lieu en terme de genre. 

 

01berlin.xlarge1.jpg

L'ambiance et le décor façon Gayhane 

 

Fin de la zone à peu près respectable et soft 


               barbele-244590.jpgbarbele-244590barbele-244590barbele-244590barbele-244590

               mur8253wx6mur8253wx6mur8253wx6mur8253wx6mur8253wx6

 


 

Zone interdite aux anti queer anti sexparty anti backroom anti BDSM 

Enfin, "interdite" non. Mais si vous vous reconnaissez dans l'une des catégories suce-cité, démerdez-vous! 

 


Maintenant, je vais parler d'une playparty à laquelle j'ai été trainé de force, sous la menace et la peur d'être privé de chocapic pour le reste de mon séjour. J'avais initialement prévu de me rendre dans une église gospel, assez éloignée du lieu où je résidais, afin d'extirper la souillure due aux déhanchés endiablés de la soirée Gayhane. Mais un dimanche qui, au départ se voulait pur et sain, a été transformé en initiation forcée à la débauche. J'ai donc été perverti par la contrainte, n'est-ce pas.  Si jamais on vous demande. Ben oui, manquerait plus qu'on se mette à croire que les gens peuvent aller de leur plein gré dans des trucs BDSM. Tatie Mac Kinnon et Cousine Dworkin ont dit que c'est pas possible. Alors, je suis sûr que malgré mon empressement, ma hâte, ma préparation minitieuse d'outils, au fond, tout au fond, on m'y a forcé !  Anyway, la bande d'aliénéEs que nous étions, sans doute toutEs victimes d'abus durant notre enfance et nous réfugiant désormais dans les bras trompeurs d'un des enfants du patriarcat (oui oui j'ai entendu dire ça sur le BDSM), a d'abord fait connaissance en faisant un tour de parole, avec pour micro un côté sexy de talon aiguille. ChacunE se présentait en donnant les informations souhaitées, mais il y avait quand même un format de base "Salut, je suis machinE, je suis suis passif, je suis venu avec machinE qui sera actif [éventuellement], mais on est [ou pas] okay pour d'autres personnes /d'autres plans etc". C'est donc plus ou moins sous cette forme que je me suis présenté, effrayé, suant, et demandant aide et affection, toutes deux reçues, à celui qui m'a conduit sur les traces de satan. Pour me soulager j'ai ajouté que..."This is my first time..." - suivi intérieurement de - DON'T KILL ME , BE NICE, I DON'T WANT TO SEE SNAKE !!!!!  Bref, que des peurs irrationnelles de puceau du BDSM, alimentées par une société antisexe autre que conjugal, hétéro, monogame, doublées de mes propres phobies pour les reptiles. Le riche buffet, les câlins de mon pervertisseur et les gens hyper metteurs-à-l'aise et respecteux ont fait qu'au fur et à mesure, je me suis cru dans un après-midi récréatif des Jeunesses en Mission pour Jésus. Liberté, convivialité, bonbons et jus de fruit ! 

 

(" C'est tout ??!"' Teuteuteuteu !  je t'arrête tout de suite, "le privé est politique" a ses limites que chacunE fixe comme il l'entend, alors tchüss hi hi hi )

 

Bon et sinon quelques précisions pour les mauvaises langues : 

1) Oui, on peut vouloir aller dans une playparty BDSM sans avoir besoin de sublimer d'anciennes violences sexuelles et/ou psychologiques2) Les soumisEs/Bottom/passif/maso ne sont pas aliénéEs. C'est possible qu'il y en ait, mais comme on peut en trouver sur les bancs d'une église, chez Ikea, ou dans un pressing. 3) Les dominantEs [je sais plus si c'est comme ça qu'on dit] peuvent être de très très gentilles personnes et savent qu'illes jouent. 4) Le consentement est la base du truc : jouer une partie où les gens incarnent des personnages qui ne consentent pas NE VEUT PAS DIRE QUE LE JEU N'EST PAS CONSENTI.  5) Dans une playparty TU FAIS CE QUE TU VEUX, personne ne te force à baiser, et ceux qui baisent ne le font pas forcément à plus de deux, donc ce n'est pas nécessairement une parthouse : les gens font ce qu'ils se sentent capables de faire dans le respect des autres. Et si jamais mettons y'a quelqu'un qui outrepasse le consentement d'autrui, ce sera regretablement comme ce qui se passe dans le lit conjugal quand Hubert ne comprend pas que Gertrude a dit NON. Bref, ce n'est pas à cause du BDSM. Des gens violents envers le consentement d'autrui existent partout, dans et en dehors du BDSM. En plus il y a des recours, tu peux demander de l'aide. 

 

 

 

                3269234403 8b8b2ab653

 

 

Enfin, je finirai ce récit par mes aventures au club Ficken 3000, signifiant tout simplement "FUCK 3000". Bah, ça a le mérite d'être clair :) Bar sympathique, remplis de pédés lubriques. Toujours dans Neukölln. Cet endroit m'a donné l'impression d'être dans Queer as Folk, version US, pour ses backrooms sombres et déjantées. On a vraiment la délicieuse impression de rentrer dans l'antre du diable. Malheureusement, j'ai été occupé à me prendre la tête sur un canapé - personne n'est parfait - à l'entrée de la backroom avec mon découvrisseur-de-lieux-de-vices.  En face de nous se dressait un large écran TV délivrant des images dignes de youporngay, et à nos côtés se tenaient des pédés assoifés, bières à la main, nous regardant d'une manière qui promettait un accueil fort chaleureux si jamais nous cessions nos babillages et entrions dans l'hémisphère du cul qu'est la backroom. En bon boudeur convaincu de la légitimité de son indignation, je n'entrai point dans ladite backroom et me dirigeai vers le dodo, sans donner ni recevoir un seul câlin. Na ! (Les Nègres Invertis boudent dur, très dur !)


Bon ben voilà, ici s'arrête le récit de mes aventures berlinoises, que j'espère destinées à une suite. Y'a pas de raisons que ça ne continue pas de toutes les façons :) Il est évident qu'après ce passage dans ce monde alternatif berlinois, il n'y a plus aucun espoir pour le salut de mon âme. Je dois aussi remercier tous ces guides maléfiques qui m'ont entrainé dans la boue du péché, m'ont payé des verres, et m'ont chouchouté. Anyway, juste pour le fun, je vais vous laisser avec une vidéo souvenir que j'ai modestement montée (appareil photo/caméra un peu merdique et connaissance filmique très sommaire), à partir d'une ballade que j'ai faite dans Neukölln-Kreuzeberg. C'est une forme d'hommage à ces quartiers ultra intéressants, en proie à une gentrification galopante, et qui ont été mon QG après Merihngdamm. Hope you enjoy it bitchiz***! 

 


 


 

 

 

 

*Pour m'éviter une dépression, j'ai finalement décidé de ne pas orienter mon récit sur une comparaison Paris/Berlin concernant les mondes alternatifs et militants. Je pense qu'il faut parfois se protéger et éviter de se rappeler constamment la réalité désespérante de Paris et de la France plus généralement. 

** J'avoue avoir lutter très fortement pour ne pas faire d'allusion à la Seconde Guerre mondiale de manière légère ou grave. Ou grivoise. [Oui oui l'option 3 eût été possible, mais chuuut]. Bon j'ai quand même fait allusion au mur...mais faire sans, c'est duuuur !

*** Dans ma bouche bitch signifie chériE. Mes meilleurEs amiEs peuvent en témoigner. (Mais c'est vrai qu'illes l'acceptent peut-être parce qu'illes sont aliénéEs). 

 

 


Commenter cet article