"How to survive the Holidays with (or without) Family"

Publié le par Nègre Inverti

 

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CertainEs ne le savent que trop bien, d'autres n'ont jamais eu à se le dire, mais en dehors des joyeusetés présentées un peu partout, Noël peut pour certainEs représenter l'obligation de se plier à des règles sociales que l'on juge éprouvantes, avec une famille qui invite - ou accepte - à sa tâble mais ne promet que des maux de tête et une gêne insupportable (au mieux), vu le fossé qui la sépare de son membre tenant le rôle de paria. Presqu'à l'inverse, cela peut être le poids de la solitude qui attend le paria car cette fois, la famille le/la refuse à sa tâble - plus ou moins subtilement - en raison de ce qu'elle voit comme son "style de vie". Des fois, en ayant honte d'assumer que c'est bien en raison dudit "style de vie" que subitement, le/la paria n'est plus trop invitéE à des trucs familiaux et obtient des infos de membres de la famille, même importantes (décès, naissance, mariage, maladie etc) après tout le monde. Tel est le sort de bons nombres de personnes reléguées dans l'en dehors du social acceptable. Pas seulement les trans, et tous ceux qui sont perçus comme perversES. Mais toute personne qui pour tout un tas de raison n'est pas à l'aise avec sa famille et ses règles exacerbées par Nöel.  Sur un autre plan, qui peut par ailleurs concerner des trans et des queers parmi nous, le malaise à Noël peut être aussi le fait, sans forcément avoir de problèmes avec sa famille, d'être excluES des réjouissances par manque d'argent, pendant qu'à l'extérieur, la consommation va bon train. 

 

Pour toutes personnes dont les rapports à la famille, aux autres s'avèrent conflictuels, ou tout simplement déségrables même sans grands conflits,  cette période accentue le sentiment de marginalité, elle accroit  la vulnérabilité de ceulles qui manquent d'appui, dans la mesure où ce sont les moments qui plongent le plus grand nombre dans la liesse qui mettent en exergue leurs détresses. Pour les trans, et ceux qui sont penséEs comme sexuellement déviantEs, mais pas seulement, il s'agit de mentir sur qui on est, s'infliger une comédie.  Ou, être seulEs et en souffrir. Ah oui, et puis un truc : je me sens particulièrement, trans et queer à Noël, moins que Noir, parce qu'il me semble que la connivence raciale n'empêche pas une coalition familiale non intentionnelle mais toujours hétéronormée. Ben oui, parce que t'es Noir, ta famille est Noire, généralement. C'est ensemble et en choeur qu'on injurie la marraine du racisme. Mais bon t'es trans, bi, gouine, whatever, euh...c'est grandir avec des straights. Et je les blâme pas ou quoi, enfin ça dépend desquels, mais bon ça fait parti des réflexions il me semble urgente quand on veut penser l'articularion race.genre.sexualité. En plus, moi je suis même pas trop mal loti niveau famille. 

 

...............

 

Bon, après ces constats, passons aux éventuelles solutions pour survivre à l'épreuve de Noël avec la famille.


1) 

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L'eau-de-vie, la Vérité. Le Rhum quoi. Même s'il est fabriqué par d'affreux békés

 

2) Ensuite, voici un blog (en anglais) d'un FTM qui s'intéresse à la question :  http://artoftransliness.tumblr.com/post/13377499555/how-to-survive-the-holidays-with-family. On y conseille entre autres, avant et après la rencontre avec la famille, de retrouver des personnes que l'on sait bienveillantes, qui connaissent nos vies et qui utiliseront les bons pronoms et prénoms. Histoire d'être blindéEs d'affection et de courage avant d'aller en famille, et d'atterir en douceur une fois qu'on en sort. Encore faut-il être entouréE. Que faire si en dehors de la famille, une personne est en situation de solitude et - c'est ce qui est déterminant -  qu'elle le vit mal

 

3) Place maintenant à la vidéo de ce trans FTM qui parle des angoisses suscitées par l'avènement des fêtes de Noël. Particulièrement pour les personnes trans. Dans la vidéo il fait une distinction intéressante entre les personnes trans qui ne prennent pas d'hormones et celles qui en prennent, dans la mesure où les problèmes que risquent de poser les rendez-vous familiaux seront différents. J'ai mis en commentaire une traduction, avec laquelle j'ai pris bon nombres de libertés, dans la tournure des phrases notamment. 

 

 


 
Bon, maintenant, passons aux éventuelles solutions pour survivre à l'épreuve de Noël sans la famille.

 

Il est évident qu'il s'agit ici de parler des gens qui vivent mal le rejet familial, ou l'éloignement d'avec la famille, même lorsqu'il vient des personnes paria elles-mêmes. Lorsqu'on a coupé les ponts avec la famille et qu'on le vit bien, dès le départ, ou après un long cheminement, passer les fêtes sans eux ne constituent sans doute pas une souffrance insurmontable. Au contraire ! 

 

1) Voici un article sur les personnes trans qui ne se retrouveront pas en famille pour Noël. Il s'agit plus de constats que de conseils vraiment, mais je trouve l'article intéressant, écrit par une femme trans noire : http://www.huffingtonpost.com/mobileweb/1969/12/31/no-home-for-the-holidays_n_392440.html.

2) Il y a aussi cet article, pas destiné aux personnes trans en particulier, mais qui est intéressant parce qu'il parle du fait, certes douloureux, de devoir accepter que certaines familles n'apporteront la bienveillance, l'attention, l'amour souhaité : http://www.eatingdisordersblogs.com/healthy/2009/11/holidays-without-family.html. (Au fait j'ai eu la flemme de traduire là, sorrrrryyyy)

 

Bon, là encore pas vraiment de conseils. Moi si je devais apporter mon grain de sel, je dirais que je vois encore les potes comme les bouées de sauvetage. Faire des trucs alternatifs, avec des potes bienveillants. D'ailleurs, ces différences (vouloir fuir sa famille comme dans le premier cas, ou souffrir de son absence et/ou rejet comme dans le second cas) montrent que les déviantEs n'ont pas touTEs le même rapport à cet ambitieux projet qui consiste à "déconstruire la famille", en tant que normes, pour s'en affranchir. C'est pourquoi il est bon qu'on arrive à s'écouter, s'entraider, se chouchouter, pour répondre aux besoins concrets et immédiats des dévianTEs proches de nous et que l'on aime, avec les moyens dont on dispose.  Plutôt que de toujours être perchéEs dans nos idéaux (abolition de la famille, et blablabla), qui aussi nobles soient-ils,  n'apportent pas forcément là, tout de suite, LE PETIT TRUC qui fera que ça peut aller mieux. Ne serait-ce qu'un instant. 

C'est pourquoi malgré les volontés de déconstruction que je partage aussi, évidemment, je ne peux pas manquer de voir qu'autour de moi, certaines personnes sont tristes parce que les gens de leur famille les fuient, plus ou moins subtilement. Ou bien sont tristes parce que même si c'est eux qui ont envoyé chier leur famille, les fêtes de Noël rendent difficile ce qui à l'origine était un choix mûrement réfléchi. J'insiste, entre potes, parfois des câlins, de l'écoute ou des mâtages collectifs de séries aidé d'une bouteille de rhum peuvent faire la différence. Bon, j'arrête mes conneries avec le rhum. Une bouteille de rhum ne résout jamais rien. Il en faut plusieurs.

Bon dans l'histoire des potes, encore une fois,  j'avoue que la limite est encore celle-là : une personne qui n'est vraiment pas entourée, et qui en souffre, elle fait quoi ? Que fait-on lorsqu'il ne reste même plus les potes ? C'est peut-être là que des assocs du type Le Refuge, entre autres, dont on peut dire le plus grand mal car dite assimilationniste, homonationaliste etc jouent un rôle : recueillir des personnes seules. Non mais j'avoue que j'aime bien être radical mais ça me saoule de voir que souvent ça s'arrête à une posture et à faire du scandal sur facebook. Que fait-on pour nos communautés, et plus généralement des personnes marginales autour de nous parce que seules,  sans thunes etc ? Bref, est-il possible d'avoir des solidarités entre personnes dans les milieux féministes, queers qui se veulent radicaux, et qui dépassent des clivages de race/classe/stars intégréEs VS timides invisibles par exemple ?  Et puis je précise, pour les personnes qui pourraient en douter, que j'envoie la critique dans ma gueule aussi. 

 

Bon, mais voilà,   puisque c'est presque impossible de faire complètement abstraction de ces fêtes, peu importe vos situations, j'espère que vous allez kiffer, que vous ayez ou pas d'amoureuxSES des membres de la famille et des potes autour de vous !!! 


 


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derp 23/12/2011 23:03

"ce sont les moments qui plongent le plus grand nombre dans la liesse qui mettent en exergue leurs détresses"
Aha, oui, et pas que les fêtes, même les petits détails du quotidien t'irritent quand t'es toujours en porte-à-faux. C'est la pub à la télé qui te montre tel canon de beauté, leur conception idiote
de la politique, un mec à la radio qui raconte sa jolie petite vie de couple. Alors tu t'empresses d'éteindre le producteur-de-bruit. Et tu te rappelles pourquoi tu l'avais allumé : le vide
revient, besoin d'un truc pour te caler le cerveau et ne pas penser.
Même les endroits les plus isolés comportent leurs nuisances : ni les parcs ni les bibliothèques sont exempts de jeunes couples amoureux.

Mais bon, c'est vrai que les fêtes c'est encore autre chose. Tu te remets en cause complet, tu vois fois 1000 ce que tu arrives, mais jamais complètement, à refouler dans la vie quotidienne.
Le pire c'est quand à l'approche de cette période, je vois que la plupart des choses vont mal, que ça me pèse et que je me dis que l'année prochaine, dans la vie, ça va changer ! Ça va pas être la
même ! Aha, la bonne blague.

Bon allez, pas la force de me lamenter aujourd'hui, pas d'inspi. J'en aurais des tonnes à dire mais ça veut pas. Vivement que ce soit passé. Avec un peu de chance, je pourrai m'isoler complet
autour du nouvel an et penser à autre chose ; noël j'y couperai pas.

Quoi qu'il en soit merci pour cet article qui s'avère au final être le seul que j'ai pu lire à tenir ce genre de propos - et ça fait du bien !

-Un jeune, mâle, blanc, hétéro. Mais solitaire, et partout mal à l'aise ;)

Nègre Inverti 24/12/2011 12:15



Hello :) 


Merci à toi d'être passé, et d'avoir même laissé ton empreinte (une deuxième fois en plus je crois, si mes souvenirs sont bons ? :p)


Je suis bien d'accord avec toi, au fond, les fêtes aggravent les choses pour beaucoup de gens, mais c'est vrai que dans certaines situations, ça ne changent rien car le quotidien est déjà
tellement merdique, les malaises déjà tellement grands...Concernant la télé je comprends. Raison pour laquelle je la boycott, même si évidemment, je continue à vivre en société (quoique...^^) et
internet nous bombarbe aussi de conneries. 


J'espère que les malaises dont tu parles, un peu partout, vont changer avec le temps...moi je n'ai pas d'autres espoirs que "le temps", et une sorte de "foi" en je ne sais pas qui/quoi (j'ai un
passé évangélique, ça aide :p). Je suis déjà content que tu aies pu te reconnaitre , ne serait-ce qu'en partie dans l'article, car je pense qu'on a beaucoup de trucs en partage ("partout mal à
l'aise") même si ce sont pas pour les mêmes raisons :p 


En tout cas, je te souhaite du courage en ce jour funeste, si tu peux t'entourer de gens bienveillants, n'hésite pas, sinon, essaie de te protéger et te faire du bien (mange le truc que tu
préfères, prends ta meilleure boisson, lis si tu aimes ça, fous de la zik, et bois du rhum :)  !! 


 



Nègre Inverti - La traduc de la vidé 19/12/2011 20:43

"Bon alors ce sont les vacances [de Noël] et pour plein de GLBT cela signifie de retrouver la famille et être dans le placard, qu'il s'agisse de personnes qui y sont toujours et doivent donc y
rester ou de personnes qui en sont sortis et qui se voient obligés d'y retourner. Parce que par exemple tu ne te sens pas prêt à faire ton coming out à ta famille. Et c'est ce que j'appelle le Noël
façon Halloween parce que ça t'oblige à te déguiser durant ce temps de vacances. C'est particulièrement difficile pour les trans qui ne prennent pas d'hormones et qui doivent supporter qu'on leur
parle en utilisant le mauvais pronom et ça peut être vraiment vraiment blessant de ne pas être perçu comme on le souhaiterait par les membres de sa famille et je me rappelle bien tout ça avant que
je ne commence à prendre de la testo. Pour ceux d'entre vous qui ne sont pas sous hormones et qui ne peuvent pas faire leur coming out à leur famille, y'a plusieurs choses que vous pouvez faire
pour supporter cette période de Noëlle, Je crois que sur le blog Art of Transliness, un blog de ftm, il y a un texte datant peut-être de l'an dernier sur le sujet. On conseille par exemple de
contacter des amis soit avant ou après avoir vu la famille, des gens qui connaissent ta transition et qui utilisent le bon pronom, pour que tu puisses te sentir entouréE avant de rencontrer une
famille dans laquelle tu sais que tu n'auras pas de soutien, où tu te sens complètement invisible. Pour ceux d'entre nous qui sont sous hormones et ont déjà changé physiquement, voir la famille
peut poser d'autres types de problèmes. Par exemple je risque de voir la semaine prochaine ou celle d'après, de la famille éloignée que je n'avais pas vu depuis le début de ma transition et ma
grand mère ne sait même pas que j'ai transitionné. La santé de ma grand mère s'est beaucoup détérioré ces dernières années, elle a eu une mammectomie à cause d'un cancer du sein et [...j'ai pô
compris...] et tout ça ces dernières années, et elle a 89 ans, et c'est peut-être une des dernières fois que je la verrai. Je ne le souhaite pas mais j'essaie quand même d'être réaliste. Et je n'ai
pas envie que le moment qu'on ait à passer tourne autour de ma transition. Ma mère m'a mis la pression pour que je me rase pour ne pas donner à ma grand mère une crise cardiaque. Sauf que je n'a
aucunement l'intention de le faire, me raser juste pour obéir à ma mère sera un mensonge envers moi-même, [en plus même sans barbe] je ne vais tromper personne en essayant de me faire passer pour
ce que je ne suis pas, faire semblant d'être une femme pour ma grand mère. Et franchement je crois pas qu'elle aura de crise cardiaque, elle n'aura aucune crise cardiaque, je crois que c'est une
peur récurrente de beaucoup de parents « ne le dis pas à ta grand mère elle ne pourra pas le supporter », mais désolé ça devient un peu cliché, vous savez quoi je n'ai jamais entendu
qu'un proche a fait une crise cardiaque après un coming out qu'on lui aurait fait, je ne crois pas que ça arrive. Malgré tout l'état de santé de ma grand mère est délicat, c'est pourquoi je vais
l'appeler et lui dire que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu, que je suis différent de ce qu'elle a connu, mais je vais juste qu'elle sache que je suis la même personne à l'intérieur. Et c'est
le type de conversation que je me vois avoir plutôt facilement avec ma grand mère, et à partir de là, répondre à toutes ces questions. Et puis j'ai envie de dire que les grands parents ne sont pas
stupides, les gens pensent que les grands parents sont stupides, ignorants, qu'ils ne comprennent rien, qu'ils sont aveugles au fait que les gens soient gay ou trans. Mais bon je crois que ma grand
mère comprend un peu déjà ce qui se passe. Il y a quelques années, c'était lngtemps avant ma transition, mais je portais une chemise une cravate et une veste pour une fête du genre thanksgiving et
ma mère n'était pas du tout à l'aise avec ça, mais ma grand mère m'avait regardé et avait dit en souriant et faisant un clin d'oeil « j'aime la cravate que tu portes, c'est mignon », ce
qui me laisse penser qu'elle ne sera pas complètement étonnée par ma transition. Donc oui peut-être que d'autres trans qui s'apprêtent à voir des membres de leur famille qui ne savent rien et n'ont
pas vu leur changement physique, peut-être que c'est quelque chose que vous pouvez essayer, ou si avez déjà testé autre chose, ou d'à peu près pareil, faites moi savoir ce qui a marché pour vous et
bonne vacances malgré tout, on doit tous traverser ça, s'accrocher . Prenez soin de vous, bye ! "