Il était une fois un nègre inverti, une église évangélique et ...des bites

Publié le par Nègre Inverti

 

 

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Hier, je suis allé dans une église évangélique, très proche de celles que je fréquentais par le passé. Le genre d'églises où les gens ont l'air super cool. Ils chantent, dansent, font du bruit etc. Bref, pas une église catho, mais une église événgélique, façon gospel. Que dire d'autres si ce n'est que ce fut....riche en observations, mais peut-être beaucoup plus en expérimentations, et surtout en réflexions qui ont dépassé le cadre de cette épopée dominicale. 


Je m'étais pourtant mis dans le crâne depuis longtemps que l'église n'était plus le lieu qui ferait bander mon esprit, et encore moins jouir. Aucune raison de m'y rendre en somme. Mais je ne sais pas ce qui m'a pris. Je voulais une ambiance communautaire, autre que militante. Je voulais chanter du gospel. Je ne voulais pas non plus rester chez moi à enculer des mouches, histoire d'éviter de me plonger dans la réalité de tous les travaux d'écriture qui m'attendent.  J'ai donc décidé d'y aller, et cela m'a donné un prétexte pour m'habiller en mode beau gosse capitaliste. Pantalon, chemise, cravate, veste, steu plè. Bref, une bonne raison d'être content de soi et de se branler sur sa propre gueule. Fait d'importance pour moi, car je suis toujours allé à l'église en tant que fille présumée. C'est donc tout nouveau pour moi de m'y rendre en tant que mec, et tout aussi nouveau de m'habiller en mode gentleman. Même si je passe plutôt facilement pour homme maintenant, et que ma tenue ne présentait aucune ambiguïté de genre selon les stéréotypes sociaux, j'avais envie de rajouter une touche pénienne à ma présentation : j'ai voulu mettre des chaussettes dans mon boxer pour simuler la présence d'une bite et de couilles. Manque de chance, elles étaient toutes sales , même celles que j'avais aux pieds. Eh oui, un vrai cochon je suis. La lessive, la vaisselle tout ça, rien à foutre.  Bref, je cherchais à remplacer les chaussettes et je ne trouvais rien d'équivalent. Finalement, je me suis dit "et pourquoi pas un autre boxer". Seul élément à peu près compatible qui était propre. Alors je prend le boxer me servant de bite, le plie et le fourre dans l'autre. Et là, je trouve ça génial de sentir un truc qui frotte se loge entre mes jambes. Je n'avais jamais fait ça, j'amais mis de packing pour sortir (bite fabriquée pour FTM, en gros). Vraie expérimentation donc. Mais tellement je kiffe ma race, je ne me rends pas compte que la bite-boxer est juste trop énorme pour une bite qui serait comment dire...apaisée. Je me suis donc rendu à l'église avec un entrejambe titanesque. 


 Cette église doit être remplie à 90 % de Noirs, et tous les pasteurs sont Blancs. Assis au premier rang of course. Cette vision d'horreur étant déjà connue de moi - c'est souvent comme ça dans les églises évangéliques en Ile-de-France - ma colère n'a pas été suscitée. J'ai juste une énième fois observé que les plus hauts placés dans l'église, même s'ils font semblant d'être tous égaux devant jésus, sont blancs. Avant le début du culte, je suis allé aux chiottes, pour mecs of course, et l'un d'entre eux m'a regardé avec comisération, en disant "ah seigneur...". C'est là que j'ai compris, en observant l'entrejambe des mecs, que mon boxer était vraiment ENORME. J'imagine que j'ai dû passer pour un queutard qui venait se branler sur les meufs de l'église ? Anyway, une fois enfermé dans ma cabine de chiottes, j'ai eu un peu honte, et ait tenté d'arranger cette bite-boxer, mais rien n'y faisait alors je l'ai laissée telle qu'elle et je me suis dit fuck it. Ils n'ont qu'à garder les yeux fixés sur jésus comme ils disent. Honnêtement, c'est maintenant que j'en ris, mais sur le coup, je me suis senti "honteux". Comme si c'était mal de bander quand on a une bite ! (normes de pudeur, de public/privé, qui veulent qu' on n'est pas censé avoir du désir tout le temps, n'importe où etc). Mais aussi comme si c'était mal de se fabriquer une bite quand on n'est pas né avec ! (quelques vestiges de transphobie intériorisée par moi). Il ne s'est rien passé ensuite en rapport avec ça, mais ça m'a quand même mis dans une certaine ambiance, malgré la prétendue désinvolture de mon fuck it : alors qu'en sortant de chez moi, je surjouais la masculinité, afin que les hétéronormés chrétiens me perçoivent comme quelqu'un de "normal",  avec cette épisode de bite de cheval, j'ai commencé à faire l'inverse de peur de passer pour obsédé sexuel. Je l'ai compris après, mais inconsciamment je voulais passer pour "apaisé" et je n'ai pas trouvé autre chose que me comporter de manière plus...féminine...lol Ce sont des clichés, mais il y a quand même des codes, et pour passer pour non obsédé sexuel je cherchais à fuir un côté viril (qui  à l'église signifierait une masculinité déviante, car jésus est censé appaisé les bites, naturellement chaudes) en souriant plus aux gens qui s'approchaient de moi (on était debout en train de chanter), en fermant les jambes quand je m'asseyais. Je ne peux pas du tout certifier savoir ce que les gens pensaient, ou même s'ils en avaient un truc à battre de ma gueule, mais j'ai passé la première heure à faire attention à ma manière de gérer le genre. A force de rentrer dans les chants de gospel, j'en avais plus rien à battre, et je commençais à trouver ça marrant de ne pas avoir su voir qu'aucune bite n'est aussi énorme dans un pantalon...lol

 

Anyway, on arrive à l'enseignement et là le pasteur était complètement déchaîné. J'épargnerai toute personne de l'étendue de son sermon, vraiment niveau teubè. C'est jamais décoiffant d'écouter un pasteur - lorsqu'on ne croit plus en dieu - mais il y a quand même des choses que l'on peut à peu près entendre (des messages d'encouragement par exemple). Mais là, le mec s'est comporté avec un classisme répugnant : pour montrer qu'il a une foi inébranlable en dieu son éternel pourvoyeur, ce blaireau a sorti de sa poche un billet de 10 euros et l'a chiffoné, piétinné, puis déchiré....Le message était le suivant : si on a vraiment la foi en dieu, on s'en fout de perdre 10 euros, car dieu est une source intarissable. Alors frères et soeurs, arrêtez de vous plaindre, si vous n'êtes pas bénis, si vous manquez de thunes, c'est parce que vous n'avait pas assez foi en dieu. Bref, variante évangélique du discours volontariste, illustration d'un individualisme libéral décomplexé. Ce blaireau se la joue détaché sur le fric, alors qu'il récolte dimes (10% du salaire brut de chaque fidèle) et offrandes (dons ponctuels libres) de renois désargentés de Saint Denis...Fallait entendre à ce propos le discours au moment de donner les dimes et les offrandes. Il parait que ces actes t'ouvrent les portes du ciel. Surtout la dime...Tssss. Evidemment, enragé je fus. Mais ce n'est pas tout. Il a dit par la suite des choses pas nécessairement surprenantes, mais qui m'ont particulièrement irrité après le coup du billet déchiré : il s'est lâché en homophobie et transphobie, sans forcément comprendre qu'il parlait de deux choses différentes. Bon c'est classique, on est à l'église évangélique. Mais j'ai été enragé car le mec n'en parlait pas seulement en terme d'abomination, mais il fustigeait surtout les disours antihomophobie et antitransphobie. Son problème était tout l'arsenal militant qui tend à déconstruire l'homosexualité et les transidentités. Il a critiqué les idées de tolérances, progressisme etc. Je n'ai pas pris de notes donc je ne citerai pas, mais ce qui était fascinant c'est que cet abruti n'est pas bête du tout, car il semblait rodé sur les discours militants, et s'amusaient à les démonter - aux yeux de ceux qui croient en dieu. Après il a commencé à quitter les discours militants et à parler des pratiques elles-mêmes, en parlant évidemment que des pédés, car après tout les gouines, on s'en fout, ça n'a pas de bites. Et le mec n'a pas arrêté de se demander ce qu'un homme trouve à un autre homme, quand "la femme a tout pour recevoir l'homme"...Suivi de,"l'homme n'a pas d'entrée". Il se retourna, fit plein de simagrées. Il a  même fini par simuler une discussion avec un pédé imaginaire où il lui demandait ce qui pouvait vraiment constituer le désir pour une autre homme. Par un phénomène de sidération inouï, je me suis laissé emporter par son abracadabrante argumentation, le bonhomme ayant un charisme certain. En gros, c'était tellement con, mais ça se voulait tellement argumenté, que je me suis retrouvé à vouloir comprendre ce qu'il cherchait vraiment à dire. Puis, j'ai quitté le fil de ses vociférations pour me questionner  : pourquoi des mecs aiment-ils des mecs? De manière exclusive, ou en complément des femmes, et de toutes autres personnes se définissant en dehors des deux sexes. Mais, bref, qu'ont-ils et que représentent-ils pour que d'autres mecs les kiffent ? Et puis la réponse m'est venue, aussi simplement que l'énonce ce personnage dans la très courte vidéo qui suit : 

 

 

                            
                               

 

CQFD ! 

 

 

 

(Mais rien n'interdit de fouiller encore plus, et de réfléchir à tout ce que ça peut impliquer de dire "bite". Prochain article :) ) 

 

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