Houria Bouteldja et polémiques plus générales sur le "racisme anti blanc"

Publié le par Nègre Inverti

 

 

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Invitée en juin 2007 sur un plateau de télévision parisien, Houria Bouteldja, porte parole du Parti des Indigènes de la République a utilisé un néologisme de son propre fait ("Les Souchiens"), visant à nommer ceux que l'on désigne habituellement sous le charmant vocable de "Français de Souche". Entendons par-là les Blancs, même si l'hypocrisie universaliste française se plait à simuler un aveuglement à la couleur qui ne trompe que ceux qui espèrent encore en l'idéal républicain. 


Je n'ai jamais été pris pour un "Français de Souche" alors que je suis regretablement français, tout comme mes parents, mes grands parents. Seulement voilà, ma gueule est trop goudronnée pour que l'on puisse établir une filiation entre Les Lumières, Marianne et moi. Il faut que ma francité reste entachée de ce viol historique que fut la colonisation, c'est pourquoi, je suis toujours supposé venir d'ailleurs, même lorsque cet ailleurs fantasmé est en réalité un territoire dit "ultramarin", sur lequel naissent des  supposés français : la Guadeloupe. Preuve s'il en fallait que seule ce que l'on appelle encore "Métropole" représente la France. Le reste n'est que vestige colonial  qui malgré ce que prétend la Préfecture, me rapproche des populations d'origine africaine "et" maghrébine : être un éternel étranger présumé. Au passage, on pourrait réfléchir la prochaine fois, au fait que dire "africain" c'est penser "Noir" alors que le Maghreb est en Afrique.

 

Bref, la "Souche", ce n'est pas seulement la nationalité (française), c'est aussi le territoire (l'hexagone), mais c'est surtout la race (être blanc). 


 "Aaaaaah !! la race n'existe pas, c'est horrible de dire de telles choses, d'utiliser un tel mot !". 

 

Réaction typique de simplet, plus effarouché  par la dénonciation des mécanismes racistes (mettre en lumière la pensée raciale qui sous-tend la divsion entre les "de Souche" et les "issus de") plutôt que par les discriminations racistes. Et c'est bien dans le cadre de ce renversement malicieux de la question (être choqué par ceux qui ne font que montrer l'horreur des situations, plutôt que par ce qui constitue l'origine de ces horreurs) qu'Houria Bouteldja a provoqué un concert d'indignation chez toutes ces âmes soit disant antiracistes qui peuplent la douce France. Ces derniers l'ont entendu dire "Sous-chiens" et non pas "Souchiens". Pour ma part, je trouve que le malaise est à la hauteur de l'insulte que constitue l'expression "Français de Souche", précisemment pour ceux qui sont censés ne pas en être. 

 

On cria au "racisme antiblanc", nouvelle avatar d'une France hypocrite, désireuse de masquer les discriminatons raciales contre les populations non blanches. Ce "racisme", qui n'est autre qu'un élément de distraction et une invention nouvelle de défense des privilèges blancs, a pour principe de confondre ce qui relève des passions, et ce qui a trait aux rapports sociaux. Ainsi, si Fatima, Mohammed, ou Fatou traitent Marie et Louis de "sals français", le désagrément certain que constitue l'insulte sera mis sur le même plan que le fait que Fatima, Mohammed et Fatou risquent de voir leur CV refoulés en raison de leur race. Oui, je dis bien race. Mot trop mal élevé pour sortir de la bouche si pure de cette France qui n'a pourtant pas peur de nous écraser avec ses pieds de biatch universaliste, supposément libérée car non voilée. Or, un esprit lavé de la crasse républicaine se rendrait compte qu'il ne peut y avoir commune mesure entre les positions de ceux qui discriminés, peuvent insulter par rage, et ceux qui  se retrouvent privilégiés par un rapport social.  Considérer le racisme anti blanc c'est tenir pour équivalent des barrières sociales concrètes (discriminations à l'embauche, au logement par exemple) et des insultes qui peuvent toucher des personnes, sans être le reflet de pratiques structurelles concrètes. 

 

L'antiracisme couillon (SOS racisme, PS, les Fourestiens, etc) s'émeut de cette supposée violence contre les Français blancs et passe pour éclairé car plus nuancé, moins violent. Mais il en va de même dans de nombreuses luttes : les mouvements mollassons ont besoin de se créer des extrêmes pour pouvoir se targuer d'être un "juste milieux". Plus raisonnables ils seraient en somme. Or,  insignifiants ils sont, tout simplement. 

 

Comment peut-on se dire antiraciste et ne pas produire une réflexion critique de la pensée raciale qui continue de sévir, sans que l'on ait besoin de croire à des gênes raciaux ? "Penser le racisme sans les races", voilà le nouveau défi : le racisme actuel s'est muté dans des arguments culturalistes. Le problème ne serait plus la biologie comme à l'époque coloniale, mais la culture. Voiles, barbes, tenues traditionnelles, islam, seraient le reflet de la barbarie des uns, par opposition au modernisme des autres. 

 

 

 

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L'antiracisme teubè n'a même pas eu l'intelligence, lorsque Zemmour avait dit "la plupart des traficants sont Noirs et Arabes", d'interroger les liens entre les populations non blanches, les rapports de classe, les économies parallèles, le fait que certains quartiers soient habités par des non blancs, preuve malgré tout qu'il y a des questions structurelles qui organisent la vie de gens en groupe. Non, ces gens-là se sont contentés de signifier une indignation qui ne constitue qu'un degré zéro de la politique. Pourquoi ? Parce que ça n'apporte rien. Dire que Zemmour est raciste et courir se cacher juste après sous les jupons de la République ne nous amènera nulle part. Faites l'effort de comprendre ceci :  Zemmour a raison, la République c'est l'assimilation, raison pour laquelle il l'aime, raison pour laquelle on est censé la vomir. La position de faux-cul de la clique PS qui consiste à présenter l'idéal républicain, cette fiction colonialiste hétéropatriarcale et bougeroise, comme un élément rassembleur est en soi un non-sens. Think about it mother fuckers ! 

 

Du côté de celles et ceux qui se revendiquent aussi d'autres luttes sociales, les mêmes qui s'indigneraient - avec raison - si l'on osait parle de sexisme "anti hommes" ou "d'hétérophobie", se montrent séduits par la possible dénonciation d'un "racisme antiblanc". Mais le paradoxe apparent n'en est pas un : les féministes blanches et les gays et lesbiennes blancs, non réflexifs sur les questions raciales - parce qu'on peut être blanc et réflexif là-dessus - sont lancés dans une course pour l'assimilation (avoir "l'égalité", les "mêmes droits" à l'intérieur du cadre républicain), alors que les mouvements antiracistes sérieux rejettent par définition le principe même d'assimilation (ce qui les fait contester l'idéal républicain en lui-même)

 

Enfin, le faux esprit critique amènera certains à s'agiter de la sorte "mais il y a des blancs pauvres ! arrêtons avec cette position victimaire des Noirs et des Arabes !". Ce à quoi il faut répondre que l'articulation de différents rapports sociaux (ici avec la classe et la race) permet de voir qu'en effet personne n'est jamais seulement Arabe, seulement Blanc, etc. Mais, arrêtons la naïveté, l'hypocrisie ou la mauvaise foi (c'est au choix) et disons-le une fois pour toutes :


en France, on ne subit pas de discriminations parce qu'on est blanc. On peut être blanc et subir une discrimination parce qu'on est de classe sociale inférieure,  handicapé,  femme, lesbienne, gay, trans, trop âgé, trop jeune, pas parisien avec un accent qui dérangerait, trop gros, trop maigre etc. Mais ce n'est pas parce qu'on est blanc qu'on sera discriminé. Or, c'est parce qu'on est Noir, Arabe, et plus généralement non blanc, que l'on peut être  discriminé en France - sauf à quelques exceptions près, lorsque des privilèges de classe épargnent de marginalisation à l'emploi par exemple, tout en n'épargnant pas de possibles exotisation dans le fameux travail ou dans le quotidien. Le rapport à la race n'est donc pas le même : c'est aux non blancs de parler de discriminations raciales à leur encontre, car c'est pour eux que la question raciale peut être déterminante dans un sens négatif. Toute allusation à un racisme que subirait des Blancs ne peut constituer qu'une manière fucked up de taire la critique des mécaniques racistes. 

 

Tout ceci pour dire un gros Big up à Houria Bouteldja, que je ne connais pas, mais qui est devenue My Sister à la minute où j'ai compris tous les enjeux que constitue son magnifique néologisme, et quand j'ai vu le scandale qu'a provoqué la mise sur mon mur facebook d'un article à propos d'elle. Tout était mélangé, hamas, antisémitisme, terrorisme...aaah seigneur ! Exactement comme lorsque tu défends la liberté des filles voilées en France et qu'on te parle de ....wait for it... femmes obligées à la burqa en Afghanistan... Bref, mélanger coco et z'abricot comme on dit chez moi. Quoiqu'il en soit, le problème est que l'inquiétude remplace l'enthousiame à cause ceci :  une assoc' d'extrême droite a collé un procès à Houria pour racisme anti blanc, qui devait avoir lieu le 12 octobre de cette année, mais qui a été visiblement reporté. J'avoue que ça me laisse sans voix de constater qu'une initiative clairement d'extrême droite est "comprise" de certaines personnes à "gauche".Mais bon, comme ma dit ma chère mère pourtant pas très férue de politique :    " Kounia manman sé moune la! On jou yo ké payé, en ké priyé pou madanm la pa ni pon problem  !"*

 

 


 

 

 

* Comment ça ? tu ne comprends pas le créole ? Mais pourtant, nous sommes une France universaliste, une et indivisible. Débrouilles-toi chériE, allez :) 

 


 

 



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