Changement de sexe, ma perception, mon vécu- Partie 3 et 4

Publié le par Gabriell ni mâle ni femelle

Voir l'introduction ici

 

 

3) Questions pratiques : différentes manières de faire les parcours trans
3.1- La psychiatrie
3.2- L'endocrinologue et la prise d'hormones (ou pas) 
3.3- La chirurgie (ou pas) 

Bon alors, par pure esprit de glandouille je n'ai pas envie de rédiger cette partie. En plus, il y a de très bons sites faits par les trans et pour les trans sur ces questions pratiques.Il y a par exemple cette adresse :  FTM informations, par et pour les Trans - Accueil

 

Moi j'avoue que tout ceci me saoule un peu (le parcours, le psy, la perspective des trucs administratifs à faire etc) donc je passe cette partie, malgré tout très importante, pour me concentrer sur ce qui m'intéresse et me stimule plus : réfléchir à ma transition, à ce qu'elle peut représenter socialement, à mes relations interpersonnelles etc.

La seule chose sur laquelle je veux revenir et que j'avais déjà développer dans plusieurs articles précédents, c'est que les trans ne veulent pas toutes et tous les mêmes choses : des trans peuvent ou pas vouloir soit prendre des hormones, soit faire différentes ou une chirurgie, ou pas en faire du tout. Tout dépend de ce que la personne concernée souhaite. Et, je ne rappellerai jamais assez que tous les parcours sont légitimes, il n'y a pas à hiérarchiser. 

 

4) Ma façon de me vivre comme trans (ce que je vis déjà, et ce que j'imagine pour la suite)
4.1- Passer  pour "homme" aux yeux des gens dans une société sexiste
4.2- Passer pour un "homme" noir  aux yeux des gens dans une société raciste
4.3- Passer pour "homme" aux yeux des gens dans mes relations interpersonnelles 
4.4- M'affirmer comme n'étant plus une femme, mais pas un homme à tous ces niveaux 
Bon alors là on entre dans la partie qui m'a le plus agité, qui m'agite encore, et qui n'arrêtera sûrement pas de m'agiter. Etant donné que je commence à peine mes modifications physiques, cette partie est faite part des réflexions sur ce que je peux appréhender en n'ayant pas encore complètement un physique masculin. Il sera donc très intéressant de revenir sur de telles réflexions dans un an à peu près pour voir si tout ce que je vais dire ici sera confirmé, infirmé ou tout simplement nuancé. 
La suite dans le prochain post. 

Publié dans Mon changement de sexe

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durtal 31/01/2011 22:00


mais Gab, en te lisant je me demande : pourquoi ne parler que d'hommes et femmes, ou de l'homme et de la femme, en somme comme alternatives mutuelles exclusives?

si ce n'est d'un point de vue pratique (pour survivre au quotidien), pourquoi t'inscrire dans cette structure dans ta réflexion? n'y a-t-il pas quelque chose dans la possibilité d'être / d'exister
/ d'incarner / de créer une altérité à la binarité hétérosexuelle qui te fasse bander, ne serait-ce qu'intellectuellement? ou est-ce que ça fait mal?

je te demande ça parce que de mon côté cette possibilité qui s'est ouverte à moi / que j'ai ouverte a tout bouleversé, et même si dans cette société je crève de m'identifier et d'exister hors des
pôles hétérosexuels (homme et femme définis l'un par l'autre et exclusifs), même si la pression sociale énorme que je reçois en échange du simple fait de paraître dans la rue, à l'école, d'affirmer
exister à la famille, etc., me fait former à l'intérieur de moi des émotions et des idées super négatives, je ne crois pas avoir jamais lâché depuis plusieurs années cette idée que ce que je suis,
et ce que je veux être, c'est autre chose que le sexe qu'on m'a assigné à la naissance, tout en n'étant pas par symétrie quelque chose du sexe opposé.

en prenant l'objet du débat sous un autre angle, je crois que je peux dire que je comprends complètement la question du passing, de la lisibilité. en tant que membre d'une minorité (ici, trans')
sujette à une pression normalisatrice constante, on peut avoir souvent besoin, autant que d'oxygène, de n'être pas mal luE, de ne pas entendre certains pronoms, certains mots, certaines insultes
qui deviennent en nous comme des coups de poignards insoupçonnables. pour ne pas être luE comme fémininE, bien sûr je comprends qu'on peut être amenéE à faire le choix de se présenter de telle
façon à ce qu'on soit luE comme une personne masculine (et je l'envisage moi-même). même si on ne veut pas être un homme, au moins ne pas être assigné "elle" ça repose... alors en un sens je
comprends la raison d'être de discuter de soi en tant que socialement garçon / homme... mais quelque part, à partir de mon point de vue, il y a dans ce que tu écris quelque chose de l'ordre de
l'identification (?) à homme qui me pose question.

(j'espère que tu comprends qu'ici je ne porte pas d'accusation, mais que je te livre ma réflexion et les questions que je me pose en lisant ce que tu écris).

plein de bisous,


durtal